Slow science : ralentir la science

Christophe Noisette, L
Graf de Miss Tic

Un appel, signé par 3422 personnes, a été lancé à l’initiative de Joël Candeau, professeur à l’Université de Nice, pour la création d’un mouvement Slow Science qui, à l’instar des mouvements Slow Food, Slow City ou Slow Travel, défendrait un ralentissement généralisé de l’activité des chercheurs et des enseignants afin de « donner du temps au temps de la science ».
L’appel commence ainsi : « Hâtons-nous de ralentir ! [...] Cessons de vouloir courir toujours plus vite pour, finalement, faire du surplace, quand ce n’est pas de la marche arrière ! [...] Nos institutions et, bien au-delà, la pression sociétale, promeuvent une culture de l’immédiateté, de l’urgence, du temps réel, des flux tendus, des projets qui se succèdent à un rythme toujours plus rapide. Tout cela se fait [...] aux dépens de nos vies - tout collègue qui n’est pas surmené, stressé, [...] passe aujourd’hui pour original, aboulique ou paresseux [...]. La Fast Science, tout comme le Fast Food, privilégie la quantité sur la qualité »
Le mouvement Slow Science dénonce une dégénérescence des métiers de chercheur et d’enseignants, mais estime qu’elle n’est pas inéluctable. Des propositions sont faites comme par exemple « préserver au moins 50% de notre temps pour cette activité de recherche  » et refuser « toute tâche qui empiéterait sur ces 50% » ; cesser « de privilégier la quantité dans les CV. Des universités étrangères donnent déjà l’exemple, en limitant à cinq le nombre de publications que peut mentionner un candidat », etc.
Cependant, cet Appel peut sembler incantatoire... Il dénonce en trame de fond un système qu’il ne mentionne pas et les causes de cette Fast Science ne sont pas évoquées en profondeur... Ni ce qui différencierait bonne et mauvaise slow science, et quel rôle les citoyens pourraient avoir.
Que va-t-il se passer ? Les signataires ont décidé, en respect avec l’esprit du texte, de ne pas se précipiter. Une réunion sera organisée pour voir comment avancer à partir des commentaires très riches adossés à l’Appel.