SUISSE – Surveiller les effets inattendus des PGM ?

En Suisse, l’Office Fédéral de l’Environnement s’est intéressé aux méthodes de détection des effets inattendus des PGM sur l’environnement. Et sa conclusion est assez claire : "Lorsqu’il s’agit de repérer l’apparition d’effets anticipés concernant un OGM, certains indicateurs peuvent être bien définis à dessein. Par contre, déceler des effets non attendus est beaucoup plus complexe", selon Georg Karlaganis, chef de la Division biotechnologie à l’OFEV. Voici donc un élément de réponse à ce qui pourrait ressortir des discussions du groupe ad-hoc européen initié par la France et qui doit réfléchir notamment aux effets sur le long terme des PGM. Dans le détail, Olivier Sanvido de l’Agroscope Reckenholz-Tänikon a pris le maïs Bt comme sujet d’étude, et il conclut : "la surveillance après la mise sur le marché est exigeante et ne lèvera souvent pas l’ambiguïté. En premier, il faut trouver des indicateurs biologiques précis qui permettent de révéler des modifications de l’environnement. Cela est difficile par nature car ces indicateurs sont eux-mêmes sujets à de grandes variations, et certains ne sont décelables qu’après beaucoup de temps. Ce type de surveillance pourrait donc exiger de très grands moyens en temps, en ressources humaines et en finances, sans pour autant livrer des données sans ambiguïté au législateur". Voila donc qui clarifie un des pans de ce qui reste à améliorer si les législateurs européens prétendent effectivement permettre l’introduction des PGM tout en contrôlant les effets sur l’environnement à long terme. Mais cette surveillance, qui coûtera donc cher, est obligatoire car résultant de l’application du principe de précaution inscrit dans la loi. Ce coût devrait donc logiquement être intégré à la réflexion sur le bien-fondé de l’utilisation des PGM au regard des coûts et risques engendrés.