SUISSE - L’essai de blé GM à Pully ensemencé avec un an de retard

En Suisse, l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a demandé en 2007, l’autorisation de mener plusieurs essais de blé transgéniques, à Pully et à Zurich.
L’essai de Zurich a eu lieu en 2008, mais a été partiellement détruit par des opposants aux OGM [1]. Cependant, l’essai n’a pas été abandonné. Fin 2008, conformément aux conditions d’autorisation de l’essai, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a reçu de l’EPFZ un rapport détaillé des essais pratiqués et suite à l’examen de ce rapport, il a permis de poursuivre cet essai.
A Pully, l’essai a été ensemencé, le 17 mars 2009, sur une surface de 950 m2 de blé, dont 350 m2 avec des variétés génétiquement modifiées. En effet, suite à un recours déposé par les riverains, recours rejeté par le Tribunal administratif fédéral [2], l’OFEV avait décalé l’essai sur la période de 2009 à 2011. Ainsi, cette première année, le blé de printemps devra être récolté fin juin, puis en 2010, la parcelle sera de nouveau ensemencée sur une surface « plus ou moins équivalente », mais en 2011, la parcelle sera laissée en jachère afin de vérifier l’apparition d’éventuelles repousses. Des filets sont d’ores et déjà prévus pour éviter la dissémination des transgènes et du fait du sabotage de la parcelle de Zurich, sur le site de Pully, la sécurité a été renforcée, notamment en installant des barrières rehaussées à deux mètres de haut et des caméras de surveillance. La mise en place de cet essai s’est déroulé sous le regard des opposants, dont l’association Stop OGM [3] pour qui « ce type d’essai n’apporte pas grand chose ». En effet, précise l’association, ce « blé transgénique [...] contrevient à la Loi fédérale sur l’application du génie génétique au domaine non humain (LGG) parce qu’en milieu confiné, sa résistance à l’oïdium n’est pas significativement meilleure que celle d’un blé conventionnel ». De plus l’association pose l’intérêt d’un tel essai étant donné qu’« aucun pays au monde ne cultive de blé GM, les cultivateurs s’y opposant fermement » et que « les agriculteurs suisses sont unanimes sur le fait que l’oïdium n’est pas un souci important lors de la production de blé ».