RUSSIE - A l’instar du Brésil, la politique du fait accompli ?

Fin août, l’agence russe d’information internationale rapportait les propos du président de l’Union céréalière russe Arkadi Zlotchevski : « Il ne fait aucun doute que des cultures génétiquement modifiées existent en Russie. Sur ce plan, nous suivons la voie du Brésil qui a longtemps refusé de reconnaître l’existence de plantes transgéniques sur son territoire. Le pays a fini par reconnaître ce fait, mais uniquement après que leur prolifération incontrôlable eût entraîné des conséquences désastreuses » [1].
Est-il vrai que la Russie accueille des cultures illégales d’OGM ? Si oui, le gouvernement russe serait-il disposé à les autoriser ?
Comme nous l’indique Victoria Kopeykina, de la coalition russe d’ONG CIS Alliance for Biosafety, « officiellement, la Russie ne cultive pas d’OGM, aucun OGM n’a été autorisé, et aucun n’a subi d’évaluation environnementale ». Plusieurs essais en plein champ ont eu lieu en 2002 et 2004 (notamment de pomme de terre, soja, maïs, blé, fraise...). Mais Victoria Kopeykina nous précise qu’il existe des soupçons de cultures illégales de soja GM dans le sud du pays, dans la région de la Mer Morte, sans pouvoir préciser l’ordre de grandeur de ces potentielles surfaces cultivées.
Côté gouvernement, elle nous indique que le président et le premier ministre ne se sont pas prononcés sur cette question. Ces cultures illégales de soja sont à rapprocher des cultures non-autorisées de soja en Ukraine. Dans ce pays voisin de la Mer morte, la production de soja GM Round-up Ready représenterait selon les sources entre 45 et 70% de la production nationale de soja. Ces cultures, ni autorisées ni interdites, faute d’encadrement des OGM, se situeraient principalement au sud du pays et proches de la frontière polonaise.