ROYAUME-UNI - Débat scientifique

A la suite de la publication du premier rapport scientifique publié en juillet 2003 par le groupe de scientifiques nommé par le gouvernement (cf. Inf’OGM n°43), un débat est engagé sur les conclusions mêmes du rapport. Le groupe de scientifique indépendant (ISP), mis en place pour contrebalancer le groupe « gouvernemental », rejette la notion qu’il « n’y a pas d’évidence que les cultures transgéniques soient une menace pour la santé ou l’environnement ». L’ISP accuse le groupe gouvernemental d’avoir adopté une approche biaisée, dont l’objectif était de rassurer le grand public, en partant du postulat que les technologies de génie génétique sont sûres. Mae-Wan Ho, directrice de l’Institute for Science in Society estime que « ces évidences scientifiques d’absence de risque restent à établir pour la santé ». Elle met également en avant les nombreuses questions techniques qui attendent des réponses telles que l’instabilité des transgènes (cf. ci-contre), l’aspect imprévisible du génie génétique et les risques de transfert horizontal de ces transgènes. V. Howard, toxicologiste, membre de l’ISP, explique « qu’il y a peu d’arguments scientifiques dans leur rapport présenté pourtant comme tel. La stratégie est claire : les papiers ou commentaires des scientifiques anti-OGM ne sont cités que dans les références, afin de les ignorer ». De son côté, D. Quist, auteur avec D. Chapela de l’article ayant révélé la contamination du maïs mexicain par du maïs Bt (voir dossier joint), estime qu’aucune évidence n’est présentée pour réfuter l’idée que les variétés locales de plantes non transgéniques ne soient pas contaminées par des OGM : « les seules critiques émises par ce groupe gouvernemental de scientifiques ne reposent que sur la méthode de notre travail, non sur les résultats qu’ils ne contestent pas ».

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