PGM et pesticides : des craintes reconnues

Un rapport [1] rédigé par l’INRA et le Cemagref, sur demande des Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement “dresse un état des lieux des connaissances sur lesquelles pourraient se fonder des actions visant à réduire le niveau actuel d’utilisation des pesticides et leurs impacts environnementaux”. Les auteurs effectuent une critique de la stratégie inhérente aux PGM, expliquant que, pour les PGM résistant aux insectes : “Certains auteurs s’interrogent sur l’intérêt de cette stratégie consistant à "mimer" le mode d’action des pesticides, c’est-à-dire à privilégier un mode d’action unique et fort pour détruire un bio-agresseur, et posent la question de l’adaptation des organismes visés et donc de la durabilité de la méthode”. Pour les PGM tolérant des herbicides : “il subsiste toutefois des interrogations sur l’impact global de cette technique : - s’il y a accroissement des surfaces traitées avec le glyphosate, cela laisse présager une augmentation des teneurs en glyphosate dans les eaux ; la gestion des repousses des plantes GM et de leur dispersion hors de la parcelle nécessiteront le recours à des herbicides supplémentaires ; - l’emploi massif du glyphosate va favoriser l’apparition d’adventices résistantes. Les données états-uniennes mettent en évidence des disparités entre régions, mais avec, en moyenne, une non-réduction, voire une légère augmentation des quantités d’herbicides utilisées. Le bilan des effets de l’utilisation de ces variétés GM est compliqué par diverses modifications des itinéraires techniques : l’emploi des variétés qui facilitent le désherbage chimique post-levée s’accompagne de l’abandon du désherbage mécanique et du développement du non-labour, qui peut accroître certains risques phytosanitaires et donc la consommation totale de pesticides”.

[1“Pesticides, agriculture et environnement, Réduire l’utilisation des pesticides et en limiter les impacts environnementaux”, INRA et Cemagref, décembre 2005, 68p