Mon corps à la science ?

Quand j’étais petit, j’avais décidé de donner mon corps à la science : quoi de plus noble, en effet, que de continuer à "servir", même après sa mort, à l’amélioration du bien-être de l’humanité ?
Aujourd’hui, je m’interroge : donner mes cellules pour que la science détecte des gènes qu’elle brevettera illico à des fins mercantiles ? (voir la révision de la directive 98/44 en page 3). Pour que les compagnies d’assurance puissent demander leur carte génomique aux futurs assurés (p.3) ? Ou pour qu’un diagnostic pré-implantatoire permette enfin d’améliorer scientifiquement la race humaine ? (même si je comprends la détresse de ce couple dont trois enfants sont morts suite à une maladie génétique - Le Monde du 17 novembre - et qui ont fini par utiliser cette technique avec succès : mais l’adoption n’est-elle pas une voie plus logique ?). A moins que ça ne serve qu’à repérer les mauvais citoyens grâce aux tests d’ADN ? (voir le cas des militants syndicaux de Longué en page 4).
Non, décidément, je pense que c’est plutôt le vent qui récupèrera mes cendres, à moins que n’en profitent les légumes de mes voisins. En espérant qu’ils ne soient pas transgéniques ! (ni les légumes, ni mes voisins.)

Par Frédérci Prat, GEYSER