Lettre aux députés sur le projet de loi OGM

Madame, Monsieur,

La question des OGM vous préoccupe, tout comme elle préoccupe beaucoup de français, et c’est une bonne chose. Qu’ils soient agriculteurs ou non, tous
sont consommateurs, tous ont le droit et le devoir de s’interroger sur ce
sujet.

Le débat sur les OGM peut se situer sur un plan passionnel et idéologique,
mais dans ce cas, la volonté de débattre cède souvent bien vite la place à
la volonté d’imposer ses idées. Il peut aussi être mené en prenant un peu de
recul, en analysant le dossier avec de la hauteur. La question des OGM ne se
pose pas en simples termes franco-français, n’oublions pas que la France
fait partie de l’Union Européenne, elle-même soumise aux réalités des
échanges commerciaux internationaux et à l’évolution perpétuelle de
l’économie mondiale. Cette économie mondiale qui se caractérise par plus de
120 millions d’ha d’OGM cultivés sur la planète. La réalité des échanges
internationaux nous conduit par exemple à importer des millions de tonnes de soja ou de maïs OGM pour l’alimentation de nos animaux.

Alors oui, on est en droit de s’interroger. C’est notre devoir. Les OGM
sont-ils dangereux ’ Les produits transformés obtenus à partir de cultures
OGM sont ils plus néfastes pour la santé humaine et animale que les produits
issus de l’agriculture conventionnelle ou de l’agriculture biologique ’
C’est d’abord en ces termes que la question doit être posée. Si la réponse
est oui, nous souhaitons que notre Gouvernement aille jusqu’au bout de sa
démarche et arrête immédiatement les importations des produits OGM qui
inondent depuis de longues années notre pays.

Tout ce que la FNSEA demande, c’est la transparence sur ce sujet et la
vérité, tant pour les producteurs que pour les consommateurs et les
citoyens. Evitons les invectives, les accusations stériles et improductives
et joignons nos énergies pour obtenir toute la lumière sur cette question.

Bien à vous,
Jean-Michel Lemétayer
Président de la FNSEA