Les betteraves transgéniques cultivées se croisent avec leurs homologues sauvages

Des scientifiques de l’Inra à Dijon ont étudié [1], avec des chercheurs de l’Institut technique français de la betterave industrielle, les flux de gènes de betteraves transgéniques résistantes à un herbicide sur des dispositifs surveillés en plusieurs lieux et sur plusieurs années. Leur première conclusion est que les plantes montées à graine produisent la majorité (86%) des graines résistantes aux herbicides et retrouvées dans les champs. Le flux direct de pollen de ces plantes montées à graine vers les betteraves sauvages présentes dans le même champ ainsi que dans des jachères voisines compte pour très peu (0,4%) dans la dissémination des graines résistantes, mais les descendants de ces hybrides entre les betteraves à sucre et les betteraves sauvages ont en revanche représenté une fraction non négligeable des graines résistantes (13,6%). Des graines résistantes aux herbicides issues des betteraves sauvages ont été retrouvées jusqu’à 112 mètres du plus proche donneur de pollen transgénique, et des flux de pollen de plants GM ont été enregistrés jusqu’à 277 mètres sur des betteraves mâle-stériles disposées aux alentours. En conclusion, les scientifiques considèrent que l’utilisation de variétés non sujettes à la montée à graines et la destruction de ces plantes montées à graine sont deux mesures absolument nécessaires pour minimiser les flux de gènes.

[1"Transgene escape in sugar beet production fields : data from six years farm scale monitoring", Darmency H et al., Environ Biosafety Res., 2007, Jul-Sep, 6(3):197-206. Darmency@dijon.inra.fr