La Banque Mondiale pour le développement des PGM

"Les OGM pourraient aider les populations pauvres". Cette citation est tirée du résumé du rapport annuel de la Banque Mondiale sur le développement dans le monde en 2008 [1]. Exemple concret de la politique que la Banque Mondiale (BM) souhaiterait voir mise en œuvre cette année : la promotion de l’innovation par le biais de la science et des technologies. Pour cela, l’organisme international met en avant la nécessité, selon lui, que les investissements en Recherche et Développement (nationaux et internationaux) soient accrus, que "des partenariats entre le secteur public, le secteur privé, les agriculteurs et la société civile au niveau du financement" soient forgés. Il est également important pour les régions défavorisées d’avoir accès aux "meilleures technologies pour [...] établir des systèmes agricoles plus viables et durables, notamment en utilisant des variétés culturales plus résistantes aux organismes nuisibles, à la maladie et à la sècheresse". Souhaitant voir l’utilisation des pesticides diminuée, la Banque Mondiale préconise l’adoption de pratiques agricoles dont certaines sont pratiquées en agriculture biologique depuis longtemps. Le cas des OGM intervient comme illustration des "progrès révolutionnaires effectués dans le domaine de la biotechnologie qui pourraient procurer d’importants avantages aux producteurs et aux consommateurs pauvres". Pour la BM, les PGM pourront donc aider les populations pauvres si les investissements publics augmentent et si les règlementations nationales sont plus rapidement adoptées, permettant de libérer les échanges commerciaux. La BM note toutefois que "les investissements actuels [...] sont essentiellement le fait du secteur privé et sont régis par des intérêts commerciaux". N’est-ce pas l’aveu que les entreprises et surtout le développement commercial de leurs produits n’ont pas vocation à résoudre le problème de la faim dans le monde ? De son côté, en 2007, la FAO avait fait valoir que l’agriculture biologique avait le potentiel de nourrir la planète si les gouvernements nationaux allouaient les crédits nécessaires, notamment en termes de recherche.