JAPON - Sale temps pour les importations australiennes GM

Les exportations australiennes de canola (une variété de colza à faible teneur en acide érucique, terme issu de la contraction de « Canada oil low acid ») sont en grande partie destinées au marché japonais. En novembre 2007, une délégation de représentants d’associations de consommateurs japonais avait déjà demandé que l’Australie maintienne une production de colza non OGM [1]. La pression sur les producteurs australiens vient d’augmenter d’un cran. En effet, le Parti Démocrate japonais, nouvellement élu au Parlement, s’est engagé à mettre en œuvre des lois strictes en matière d’étiquetage des OGM. 
Actuellement, l’étiquetage des OGM est obligatoire au Japon mais seulement à partir de 5% et pour certains aliments. La loi que souhaite faire adopter le Parti Démocrate étendra cet étiquetage aux produits issus d’OGM mais dont la présence n’est plus détectable, comme pour les huiles de colza [2]... Or, si cette loi venait à être votée, cela aura des conséquences importantes pour les producteurs australiens qui auraient alors beaucoup plus de mal à écouler des huiles étiquetées OGM au Japon, où la population est globalement opposée à cette technologie. Et de nombreuses huileries, à l’instar de Okamura Oil Mill Ltd ou de Yonezawa Oil Co. Ltd, ont mis en place des politiques de non OGM et ont notamment arrêté d’importer du canola du Canada, quand ce pays n’a plus pu assurer une ségrégation efficace des filières. Cette méfiance des consommateurs japonais a été, plusieurs fois, révélée par des sondages. Ainsi, selon un sondage réalisé par le gouvernement de la préfecture de Hokkaido en octobre 2008, 80% des sondés étaient inquiets de manger des OGM. Et un sondage mené en 2006, par le ministère japonais de l’Agriculture, a révélé que 78% des consommateurs japonais n’étaient pas sûrs de l’impact de la consommation des OGM destinés à l’alimentation.
Enfin, rappelons qu’aucune culture transgénique ne pousse au Japon.