JAPON : Pas de PGM cultivées aujourd’hui, mais plusieurs prévues pour 2015

Une rencontre avec deux scientifiques japonais a permis à Inf’OGM de faire un point sur la présence de PGM au Japon. A ce jour, aucune culture commerciale n’est effective dans les champs japonais, la majorité des PGM présentes dans le pays provenant d’importations à destination de l’alimentation animale (80% du soja étant importé des Etats-Unis et 94% pour le maïs).
La législation japonaise est mise en place par les gouvernements locaux. Elle est décrite par les deux scientifiques comme stricte pour ce qui concerne la mise en culture commerciale, ce qui a pu, couplé avec une forte opposition des japonais sur ce type de plantes, freiner jusque là toute mise en culture commerciale. La procédure inclut une évaluation scientifique des risques sanitaires et environnementaux. Concernant l’étiquetage, le Japon a opté pour un système mixte avec un étiquetage obligatoire au-dessus de 5% (0,9% dans l’Union européenne) en cas de présence ou dérivés de PGM, et un étiquetage volontaire pour signifier l’absence de matériel transgénique ou que le produit a été élaboré sans PGM (mais cette réglementation risque d’évoluer dans les mois à venir, [1].
Enfin, des travaux sont en cours sur des riz résistants à plusieurs maladies et présentant de meilleurs rendements et des riz permettant d’absorber des matières polluantes ; du maïs GM tolérant des conditions de culture non favorables (sécheresse, forte salinité...) ; et des plantes GM à composition en nutriments améliorée. Toutes ces recherches doivent aboutir à une commercialisation vers 2015. Notons enfin que les deux scientifiques ont indiqué que la tendance actuelle pour essayer de convaincre les japonais du bien-fondé des cultures de PGM était de travailler sur des PGM présentant des bénéfices pour la santé. Ainsi, des travaux sur des riz non allergisants seraient également en cours. Les allergies digestives au riz sont importantes au Japon du fait de la forte consommation de cet aliment [2].
Bien qu’aucune PGM ne soit commercialement cultivée, des cas récurrents de contamination ont déjà été rapportés, comme pour du colza GM retrouvé sur les bords d’une route partant d’un port où arrivent les importations [3].

[2cf. « L’allergie digestive existe-t-elle ? », Association française de formation médicale continue en hépato-Gastro-Entérologie, http://www.fmcgastro.org/default.as...