ISLANDE – Où en est l’étiquetage des OGM ?

L’Islande fait partie de l’Espace Économique Européen (EEE), qui regroupe l’ensemble des pays de l’UE, plus la Norvège et le Liechtenstein…
Le 28 décembre 2008, l’Islande est devenu le dernier pays de l’EEE à adopter formellement les règles d’étiquetage des produits GM définies par les règlements 1829/2003 et 1830/2003. La Norvège les avait intégrés à sa propre législation depuis 2005. Cependant, cette réglementation n’était pas encore appliquée. L’Islande est le pays européen qui importe le plus de produits alimentaires des États-Unis et du Canada, pays qui cultivent largement des OGM et qui n’ont mis en place aucun étiquetage obligatoire, malgré les nombreuses demandes de la société civile et de certains parlementaires.
Du fait de cette « dépendance » et de cette proximité, les importateurs avaient demandé un délai. La loi devait entrer en vigueur le 1er septembre 2011 et a encore été reportée jusqu’au 1er janvier 2012.
Désormais donc, en théorie, les produits alimentaires contenant plus de 0,9% d’OGM doivent être clairement identifiables. Comme sur le reste du territoire de l’UE, des produits issus d’animaux nourris aux OGM, comme le lait, les œufs et la viande... resteront non étiquetés. Or, nous précise Dominique Plédel Jónsson, un militant islandais membre de « Slow Food », « peu de produits ont été étiquetés, sauf dans un supermarché important, Kostur. En effet, ce dernier, qui importe la quasi totalité des produits qu’il vend des Etats-Unis, et notamment de Costco [1], a été obligé d’étiqueter la grande majorité de ses produits quand il a pu obtenir les informations adéquates de la part des producteurs. Il s’est d’ailleurs plaint dans la presse que cette nouvelle réglementation lui a engendré une dépense de plus de 600 000 euros ». Il ajoute : « nombre de producteurs américains ont refusé de se plier à la législation et ont préféré retirer leurs produits du marché, le premier étant l’huile de canola Wesson. Il reste à voir maintenant si les céréales petit déjeuner (Cheerios et autres de General Mills) qui ont une part de marché très importante, et qui sont répertoriées sur les banques de données comme contenant plus de 0,9% d’OGM, seront étiquetées ou bien réussiront à trouver une faille dans la réglementation pour obtenir une dérogation. Et ce n’est pas que le coût de l’étiquetage qui embête les exportateurs étatsuniens. Nous sommes en relations étroites avec des organisations aux États-Unis à qui nous communiquerons les photos des produits étiquetés « contient des OGM » pour le marché américain. C’est cela que les producteurs veulent éviter. ».
Pour les militants qui défendent une information juste pour le consommateur, le travail commence. Dominique Plédel Jónsson conclut : « Ceci dit il nous reste à aller vérifier sur les étagères de Kostur, ce qui devrait être fait rapidement, ce qu’il en est réellement ».

[1D’après le site wikipedia, "Costco Wholesale est actuellement le quatrième distributeur sur le territoire Américain en termes de chiffre de ventes derrière Wal-Mart, The Home Depot et Kroger".