IRLANDE – Opposition de professionnels et de politiques à un essai de pomme de terre cisgénique

En juillet 2012, l’autorité irlandaise de protection de l’environnement autorisait un essai en champs de pommes de terre cisgéniques [1], modifiées pour résister au mildiou (Phytophthora infestans), par le Teagasc (l’Inra irlandaise).

Cet essai est autorisé jusqu’au 31 décembre 2016 et se déroule à Oak Park (sud ouest de Dublin). Mais cette autorisation a déclenché une levée de boucliers tant du côté des professionnels de la restauration [2] que de celui des responsables politiques [3]. Ainsi, l’association des restaurants irlandais parle d’une mauvaise décision pour l’industrie alimentaire irlandaise, alors que Darina Allen, membre de l’association européenne des chefs, de Slow Food Irland et du « Conseil du goût » parle, elle, d’une regrettable décision estimant que « les risques pour la filière de l’alimentaire en Irlande sont bien plus grands que les potentiels bénéfices liés à une réduction du coût de mise en culture ». La culture de pomme de terre cisgénique entacherait donc la réputation de l’Irlande, précise-t-elle. L’éditeur des guides alimentaires Bridgestone a, de son côté, dénoncé l’uniformisation de l’agriculture liée aux variétés transgéniques, ces dernières « gommant les distinctions, les différences entre une pomme de terre de Tipperary, de Down ou d’Iowa » et faisant donc perdre une diversité culinaire liée à la diversité des variétés.
Côté politique, les Verts irlandais ont condamné cette décision qu’ils considèrent être « un tournant vers le pire pour la sauvegarde de la production alimentaire irlandaise ». Le porte-parole de ce parti, Malcolm Noonan, a par ailleurs précisé que « les évidences scientifiques s’accumulent pour montrer que la technologie GM n’est d’aucun bénéfice pour l’agriculture durable et la sécurité alimentaire ».

Informations pratiques

du lundi 21 janvier 2013 à partir de 15H50 au 0000 jusqu'à 00H00
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[1La cisgenèse utilise la même technique d’insertion de gènes que la transgenèse. La différence est que le gène inséré est issu de la plante elle-même (souvent d’une variété différente)