INTERNATIONAL - Avec ou sans banane ?

L’hebdomadaire britannique New Scientist a annoncé la disparition de la banane de la surface de la planète dans les quinze prochaines années pour cause de maladie virale.

La banane est d¹abord une source de calories fondamentales, un aliment de base pour cinq cent millions d’hommes et de femmes dans les pays tropicaux, au même titre que le riz. C’est aussi, l’une de principales sources de revenus pour plusieurs pays d’Amérique latine et de la Caraïbe qui exportent vers les Etats-Unis et l’Europe. Selon le chercheur Emile Frison à l’origine de l’article, la situation est préoccupante. La banane d’export, de la variété Cavendish, a déjà beaucoup souffert. Le virus est venue d’Asie. Il est maintenant en Australie et en Afrique du sud. Les centaines de variété qui servent d’aliment de base sur ces trois continents sont aussi menacées. Pour Emile Frison, ce qui est catastrophique, c’est que jusqu’à ces dernières années, il n’y avait pas de moyen d’amélioration des espèces de bananes par des voies classiques. L¹introduction des organismes génétiquement modifiés devrait donc selon lui s’imposer. Dans le tout petit monde de la recherche sur la banane, ces propos font bondir. Selon les chercheurs du CIRAD, un établissement public français, la thèse selon laquelle les bananes viendraient à disparaître est de la pure affabulation, un coup pour débloquer des crédits en faveur de la recherche OGM. Pour les chercheurs du CIRAD, de nombreuses techniques alternatives existent et une dizaine de nouvelles variétés de bananes obtenues par croisement seront sur le marché d’ici à 2006. Il n’y a dans le monde que cinq chercheurs qui travaillent sur le renouvellement des espèces de bananes. De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) se veut rassurante tout en invitant les producteurs à promouvoir une plus grande diversité génétique des variétés commerciales de cette plante.