France : un grand emprunt pour financer les biotechnologies

Lors du Salon de l’Agriculture, les ministres Valérie Pécresse et Bruno Le Maire ont dévoilé les cinq projets lauréats de l’appel à projets « Biotechnologies et bioressources », lancé dans le cadre du grand emprunt, en juillet 2010 et doté de 1,55 milliard d’euros, issus du grand emprunt [1]. Ces projets bénéficieront d’un total de 33,7 millions d’euros sur des périodes comprises entre cinq et dix ans. Le communiqué du ministère de la recherche précise que « les projets lauréats vont permettre d’une part, l’amélioration des espèces végétales utiles à l’agriculture et d’autre part, la substitution de ressources non renouvelables (chimie classique), par la biomasse (organismes vivants) issue de l’agriculture, de la mer ou des micro-organismes (levures et bactéries). Des retombées sont attendues dans les domaines de l’agro-industrie (amélioration de la productivité, sécurité alimentaire...) et de l’environnement (qualité des sols et des eaux, utilisation de matières premières renouvelables...) ». Ces cinq projets sont décrits sur le site internet du ministère. Parmi eux, deux retiennent notre attention : les projets ’Amaizing’ et ’Breedwheat’, qui mobiliseront l’Inra. Ils doivent en effet permettre de sélectionner de nouvelles variétés de maïs et de blé « moins exigeantes en eau et en engrais, pour une agriculture plus robuste et plus respectueuse de l’environnement ». Il est intéressant de souligner que ces projets sont susceptibles de mobiliser les techniques de la transgénèse ou de la mutagenèse, mais que ces deux expressions ne sont pas évoquées, de crainte d’entraîner une levée de bouclier.
Le ministre de l’Agriculture a, quant à lui, déclaré : « Nous avons un défi agricole très compliqué à relever. [...] Nous devons en effet produire davantage en respectant l’environnement avec des surfaces agricoles qui ne cessent de décroître à l’échelle de la planète. Je le dis clairement : on n’y arrivera pas sans le soutien de l’innovation et de la recherche ». Or, de nombreuses recherches et analyses ont démontré que la question de la faim dans le monde n’était pas technologique mais politique... Pour les aspects techniques, ce sont souvent des petits projets qui ont le plus d’impact : ainsi, l’amélioration de la capacité de stockage ou de transport des aliments en Afrique permettrait d’améliorer considérablement la sécurité alimentaire.