FRANCE - Le Sénateur Le Grand commente le débat parlementaire

Dans une lettre adressée le 8 avril à Henri de Raincourt [1], président du groupe UMP au Sénat, le sénateur UMP, Jean-François Le Grand, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l’Environnement puis de la Haute Autorité provisoire, fait part de son "indignation" et de sa "révolte" face au comportement des élus de sa famille politique lors de l’examen de la loi OGM. Dans cette lettre, il affirme avoir "tout fait pour que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant, cette connaissance, d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire". Et donc il regrette et dénonce les tentatives de discrédit de sa pensée par plusieurs parlementaires favorables à la culture des OGM : "Il y a déformation de mes propos lorsque j’entends que l’on me qualifie d’anti-OGM. Je vous redis ici ce que je n’ai jamais cessé de dire sur les OGM et ma position est claire : "oui à la recherche dans toutes les directions quand elle permet d’améliorer la santé humaine, donc oui à la recherche sur les organismes génétiquement modifiés". Par contre, avant d’envisager toute mise en culture de ces organismes, il est crucial de vérifier que la santé humaine comme la biodiversité ne sont pas mises en danger et nécessaire de s’interroger sur le supposé intérêt économique, si souvent avancé par certains. Cet intérêt économique est-il valable pour tous ou pour quelques-uns ? La question mérite d’être posée". Et de continuer, amer : "Je pensais que ces techniques de caricature et de désinformation appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus... Leur utilisation est sans doute en rapport avec des sentiments de rejet nourris à mon égard. J’ignore les raisons profondes de ce rejet. Peut-être viennent-elles, pour l’essentiel, du fait que je me suis investi très fortement dans le processus du Grenelle et que d’aucuns en aient éprouvé du ressentiment".
Le Sénateur, dépassant la simple question des OGM, annonce que pour lui, le Gaullisme, auquel il est attaché, est un "combat pour l’homme", dans lequel "c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse, d’où [son] regard extrêmement critique à l’égard du libéralisme" et qu’au nom de son combat, il entend ne jamais céder aux fatalités et notamment, écrit-il, "à celle d’un monde selon Monsanto !".
Enfin, répondant aux propos de Jean Bizet, Sénateur UMP défenseur des OGM qui avait déclaré aux journaliste de la chaîne Public Sénat, "On l’a exécuté, mais il bouge encore", Jean-François Le Grand reprend : "Ma liberté de pensée, ma liberté de parole et, tout simplement, la liberté qui est le fondement de la démocratie, continueront de « bouger encore », tout le temps que j’en aurai la force".
Comme annoncé dans cette lettre, Jean-François Le Grand n’a pas participé aux débats en deuxième lecture au Sénat.

[1Lettre à lire in extenso, http://www.infogm.org/spip.php?arti...