FRANCE - La tension monte encore d’un cran

Cet été, moins de fauchages mais une tension accrue entre quelques centaines d’agriculteurs qui défendent le droit à cultiver des PGM et les Faucheurs volontaires, qui demandent un moratoire sur ces mêmes plantes. Les Faucheurs avaient prévu plusieurs moments forts, pour maintenir la pression sur le gouvernement et, systématiquement, des contre-manifestations ont été organisées, aux mêmes lieux et mêmes moments, par les FDSEA, les Jeunes Agriculteurs (JA), les chambres d’agricultures (Ariège, Tarn & Garonne…), ou encore les semenciers…
Ainsi, lors du rassemblement national des Faucheurs volontaires, qui a réuni 200 personnes (sur 7000 faucheurs), le 24 août 2007, à Verdun sur Garonne (Tarn et Garonne), étaient aussi au rendez-vous non seulement deux escadrons de gardes mobiles, mais aussi une centaine d’agriculteurs pro OGM venus dénoncer les fauchages et défendre la propriété privée. Le ras le bol de ces agriculteurs était évident : "Si on les trouve dans nos champs, on ne les ratera pas !", "Si Bové continue à faucher nos champs, on va s’occuper de lui raser la moustache !"... Les CRS ont chargé les agriculteurs pour éviter l’affrontement. Les militants anti-OGM ont seulement déposé des pieds de maïs transgénique devant la grille de Monsanto.
La tension est bien resumée par Michel Masson, responsable de la FDSEA-Centre : "Le dialogue n’est plus possible. Les agriculteurs victimes de fauchages sont exaspérés. Il y a déjà eu un mort et je peux vous dire que, plutôt que d’aller s’accrocher à un arbre, ils risquent maintenant d’aller décrocher leurs fusils". Le procureur de la République avait pourtant clairement rejeté le lien (concept juridique de "provocation au suicide") entre les Faucheurs volontaires et le suicide de l’agriculteur du Lot.
De son côté, Magali Ringoot (Greenpeace) note que "en ne clarifiant pas la situation, le gouvernement dresse les gens les uns contre les autres et risque de mettre le feu aux campagnes".