FRANCE - De nombreux arrachages réalisés durant l’été 2003

Au cours de l’été 2003, 25 essais au champ d’OGM ont été détruits. Parmi ceux-ci notons :

- Le 19 juillet, une parcelle de 320 m2 de maïs (Bayer Cropscience) a été fauchée à Brax, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse. Gérard Onesta, vice-président Vert du Parlement européen, a déclaré à l’AFP : « L’Europe, à longueur de texte, évoque le principe de précaution, le développement durable, et l’on voit des OGM pousser sur des champs anonymes dont les élus locaux ne connaissent même pas l’emplacement : j’ai fait mon devoir et j’ai depuis ce matin quelques épis de maïs sur la conscience » [1].
- Le 22 juillet 2003, une parcelle de maïs génétiquement modifié pour produire un insecticide contre la pyrale, appartenant au GEVES et cultivée à Guyancourt (Yvelines), a été « neutralisée » par neuf syndicalistes de la Confédération paysanne [2]. Le GEVES a porté plainte.
- Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2003, une parcelle de 400 m2 de maïs transgénique (Bayer) a été fauchée à Sorgues (Vaucluse) [3].
- Une parcelle de maïs transgénique appartenant à Biogemma a été détruite par des inconnus à Saint-Sauveur de Meilhan (Lot-et-Garonne). La transformation génétique concernait la résistance aux larves d’un insecte, la chrysomèle. Le laboratoire d’entomologie de Montpellier avait confirmé le 15 juillet 2003 la présence de la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) à l’issue de captures dans des pièges à proximité des aéroports d’Orly (Val-de-Marne) et de Roissy (Seine Saint-Denis) [4].
- Dans la nuit du 15 août, une parcelle de 3000 m2 de maïs génétiquement modifié par Meristem Therapeutics pour produire de la lipase gastrique de chien a été détruite à Clemensat [5] (Puy de Dôme). La lipase développée par Meristem Therapeutics a reçu la désignation de « médicament orphelin », de l’Agence européenne du médicament, ce qui confère à Meristem une exclusivité commerciale de 10 ans. L’objectif de cette recherche est de produire un médicament non pour soigner les malades atteints de mucoviscidose, mais pour soulager les troubles gastriques dont souffrent les malades. L’Association Vaincre la mucoviscidose a apporté son soutien à Meristem Therapeutics. Jacques Testart, spécialise de la fécondation à l’INSERM, a réagi dans Libération (cf. Lire et écrire).
- Le 5 septembre 2003, à Magescq (Landes), une centaine de personnes, parmi lesquelles Henri Emmanuelli et d’autres élus du département, ont encerclé pacifiquement une parcelle de maïs génétiquement modifié, exploitée par Monsanto. La nuit suivante, cette même parcelle a été arrachée, action revendiquée par les « Pique-Talots ». Monsanto a porté plainte contre X [6].

En réaction à ces destructions, des chercheurs ont lancé, le 3 septembre 2003, une pétition « défendons la recherche » qui a récolté environ 1500 signatures. Le gouvernement a accepté de rencontrer ces chercheurs.