FINLANDE – L’étiquetage des produits animaux en débat

En Finlande, deux importants producteurs de viande - LSO Foods et Lounais-farmi - ont annoncé qu’ils allaient importer du soja GM pour l’alimentation du bétail. Cette annonce a déclenché diverses réactions : manifestation, appel à boycotter HKScan and Järvi-Suomen Portti, tout deux clients de LSO et sondage : 57% de la population désapprouve totalement le fait de nourrir le bétail avec des PGM et 87% demande que les produits issus d’animaux nourris avec des OGM soient clairement identifiés.
Le 10 août, la ministre de l’Agriculture, Sirkka-Liisa Anttila, et le 14 août, le Premier ministre, Matti Vanhanen, ont annoncé qu’ils souhaitaient un étiquetage plus complet, en mentionnant deux options : soit étiqueter les produits issus d’animaux nourris aux OGM (ce qui n’est actuellement pas exigé par l’Union européenne), soit que ceux qui produisent sans OGM puissent le faire savoir.
Certaines organisations professionnelles ont également pris position. Le 14 août, l’Union centrale des Producteurs agricoles et des Propriétaires forestiers (MTK) a demandé la mise en place d’un étiquetage volontaire pour les produits d’animaux nourris aux OGM, tout en rappelant qu’il n’est pas possible d’exiger un tel étiquetage des seuls produits finnois : ces derniers seraient alors non concurrentiels par rapport aux produits importés. Position aussitôt dénoncée par la Finland’s Grocery Trade Association (FGTA). Ce lobby des détaillants ajoute que si les consommateurs veulent un système d’étiquetage plus complet, c’est au législateur de le mettre en place. La FGTA "fait confiance à l’EFSA quand elle affirme que les gènes modifiés des aliments ne peuvent pas être transférés aux animaux qui les consomment". De son côté, la branche « viande » de la Fédération finnoise des Industries agro-alimentaires estime que le prix du porc augmentera de moins de 1% (ou de 8 cents par kilo) si les producteurs veulent maintenir une alimentation sans OGM. Mais les experts précisent que cette différence augmentera, du fait de la rareté prévisible du soja non GM. Ils estiment cependant qu’il y aura toujours un marché pour de la viande « sans OGM ». Le sondage évoqué précédemment confirme cette idée : 72% des sondés sont prêts à payer un peu plus cher pour être sûrs de l’origine non transgénique de la viande.
Au final, Mauri Pekkarinen, le ministre du Commerce et de l’Industrie, a désigné un groupe de travail pour examiner la question de l’étiquetage des produits animaux nourris aux OGM et examiner quelle est la marge de manœuvre laissée par la législation européenne. Il devra rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année...