Déferlement de mauvaises nouvelles pour les OGM

Comme rarement, les deux derniers mois ont apporté énormément d’eau au débat sur les plantes transgéniques. Que ce soit pour la santé ou l’environnement, des études et des faits viennent corroborer ce que les militants affirment depuis plus de dix ans : la transgénèse présente des risques et sa diffusion dans l’espace social n’est pas maîtrisée.

Si le génie génétique devait un jour aider l’humanité à produire mieux, ce ne serait que sur la base d’une analyse critique de la première génération des plantes génétiquement modifiées. Or cette génération ne tient pas ses promesses et est actuellement sujette à des critiques qu’aucun agronome ne peut plus ignorer.

13 ans de cultures GM : les rendements n’ont pas suivi

Les arguments des entreprises de biotechnologies, qui vantent les PGM comme solution à la faim dans le monde, notamment car elles auraient de meilleurs rendements, s’écroulent un peu plus tous les jours. L’étude publiée en mars 2009 par Doug Gurian-Sherman, chercheur de l’Union of Concerned Scientists, est un pavé dans ce mythe fondateur. Il affirme en effet, qu’aucune variété GM n’a permis d’augmenter les rendements . Si les rendements du maïs et du soja ont augmenté sur les vingt dernières années, c’est le fait de l’amélioration végétale traditionnelle.

Bug technologique

En Afrique du Sud, ce sont trois variétés de maïs GM qui produisent un insecticide et vendues par Monsanto qui sont sur la sellette. En effet, un bug technologique survenu, selon l’entreprise, « lors du processus de fertilisation des semences en laboratoire » a fait que 280 agriculteurs ont vu leur champ ne pas arriver à maturation. En effet, pour certaines exploitations agricoles, la perte a été estimée à 80% de la récolte habituelle. Ceci représente une récolte potentielle de 80 000 à 150 000 tonnes. Monsanto ne pouvant pas faire la sourde d’oreille, a décidé d’indemniser les agriculteurs.

Des mauvaises herbes invasives

D’autres problèmes agricoles se confirment d’année en année. En effet, aux États-Unis, des milliers d’hectares deviennent impropres à la culture du fait de l’apparition d’herbes sauvages devenues résistantes à de très nombreux herbicides. Ce phénomène décrit depuis plusieurs années a atteint, en 2008, un niveau inquiétant, certains agriculteurs états-uniens expliquant « nous n’avons pas encore abandonné nos fermes comme ils l’ont fait en Géorgie et nous ne voulons pas en arriver là ». D’autant que le roundup n’a pas que des conséquences agronomiques, mais aussi sanitaires.

Et la santé n’est pas épargnée

En Argentine, les cultures de soja génétiquement modifié pour être tolérant au roundup recouvrent des surfaces de plus en plus grandes. En parallèle, la consommation du roundup a explosé au cours de ces dix dernières années. Mais les études sur sa toxicité commencent à sortir. Après le travail du professeur Séralini, c’est un laboratoire argentin qui montre à son tour des impacts du glyphosate. Cette molécule active du roundup a des conséquences négatives sur l’embryongenèse de certains organismes amphibiens. Le professeur Carrasco, du laboratoire d’Embryologie Moléculaire, a ainsi observé toute une série d’impacts sur des cellules qui ont pour fonction la formation des cartilages et des os du crâne, ou sur le système nerveux. Et tout ça, à des doses de glyphosate entre 50 et 1540 fois inférieures à celles utilisées dans les cultures de soja !

Le coton Bt « tue » les sols

Dernier point, l’étude publiée par l’organisation Navdanya qui montre la diminution drastique des microorganismes (notamment des bactéries de la famille de actinomycètes) et enzymes (déshydrogénase, phosphatase acide et nitrogénase) présents dans le sol des champs de coton Bt. Or ces trois enzymes permettent aux micro-organismes de fixer l’azote ou les résidus phosphatés présents dans le sol. Pour Navdanya, « le coton Bt rend les sols non fertiles en réduisant l’activité microbienne ».

Si à tous ces problèmes qui émergent ou se confirment s’ajoute donc un échec des meilleurs rendements promis par les entreprises, la pertinence d’adopter les PGM paraît plus que jamais compromise. Six gouvernements européens semblent de cet avis lorsqu’ils adoptent un moratoire sur la culture du maïs Mon810. Et l’expérience des agriculteurs états-uniens souhaitant revenir aux cultures conventionnelles, notamment pour le soja, mériterait d’être considérée par ceux qui n’ont pas encore adopté les cultures GM.