CHINE – Des chercheurs cherchent, d’autres s’opposent et l’information reste floue !

Alors même que la Chine est au centre de beaucoup d’attention du fait de possibles autorisations commerciales de riz transgénique à venir [1], un nouveau programme de recherche vient d’être lancé [2]. Le Programme national 863 contient un sous-programme de recherche et de création de nouvelles espèces de riz qui devront être résistantes et écologiques... La Huazhong Agricultural University de la ville de Wuhan pilotera ces travaux qui verra également impliquées des structures comme l’Académie chinoise des Sciences agricoles. Les travaux, détaillés par le bulletin électronique de l’ambassade de France en Chine, viseront plus précisément à développer « de nouvelles espèces de riz demandant moins de pesticides, moins de fertilisants chimiques et moins d’eau pour leur culture » en se basant « sur les découvertes autour du génome fonctionnel du riz et des projets de modifications génétiques déjà existants ».
Dans le même temps, une pétition signée par 120 scientifiques chinois, adressée au ministre de l’agriculture et demandant de retirer les certificats de biosécurité délivrés pour deux riz GM en novembre 2009 [3] a été l’occasion de clarifier la situation dans ce pays où les informations ne sont pas des plus transparentes. En effet, en novembre 2009, il était annoncé que le ministère de l’agriculture chinois avait délivré les certificats de biosécurité pour les riz transgéniques Huahui 1 et Bt Shanyou 63 sur base de l’avis du Comité chinois de biosécurité [4]. Valables pour la seule région de Hubei et pour une période se terminant en aout 2014 [5], ces certificats ouvraient la voie à l’autorisation commerciale qui devait encore être validée par un comité interministériel. Selon l’article de Nature Biotechnology, les certificats délivrés ne concernent pas une commercialisation mais des essais en champs de ces deux riz, essais dont le but est d’évaluer les risques liés à leur culture. Et surtout, l’article révèle que ces certificats furent délivrer un an avant l’annonce de leur existence, soit en 2008, comme l’a reconnu le ministre de l’agriculture lui-même. Voilà donc de quoi confirmer que l’accès à l’information en ce qui concerne la situation des PGM en Chine n’est pas garantie.

[1cf. Inf’OGM Actu n°27, janvier 2010, CHINE - Nouvelle étape dans la commercialisation du riz GM 

[2« De nouvelles espèces de riz génétiquement modifiées au centre d’un programme national », http://www.bulletins-electroniques.... 

[3« Chinese Green Light for GM Rice and Maize Prompts Outcry », Hepeng Jia, Nature Biotechnology, Mai 2010, v. 28, p 390-391

[4cf. Inf’OGM Actu n°27, janvier 2010, CHINE - Nouvelle étape dans la commercialisation du riz GM 

[5« GE rice in China : A step closer to commercialization ? », Third World Network, http://www.biosafety-info.net/bioar...