Betterave, flux de gène et acquisition de résistance

Le Laboratoire Génétique et Evolution des Populations Végétales (France), dirigée par Kenk van Dijk, a travaillé sur les flux géniques entre formes cultivées et sauvages afin de comprendre dans quelle mesure un transgène codant pour la tolérance à un herbicide total, comme le Round Up, pourrait se propager aux variétés de mauvaises herbes. L’étude démontre que la probabilité que les betteraves OGM échangent des gènes avec des variétés sauvages et apparentées est considérable. Van Dijk, responsable de l’étude, estime que l’utilisation de parents paternels tétraploïdes dans les variétés transgéniques permettrait de réduire ce flux de gènes, mais ne l’éliminerait pas. Interrogé par Inf’OGM, Van Dijk précise que « dans le cas de la betterave, l’éventuelle apparition d’une mauvaise herbe transgénique, tolérante à un herbicide total, n’est pas pire que la situation actuelle, mais fait disparaître le grand avantage espéré par l’introduction des variétés transgéniques tolérantes à un herbicide total ». Van Dijk ajoute qu’il reste persuadé que les OGM peuvent être économiquement profitables aux agriculteurs et exempts de danger pour l’environnement, « à condition que ce soit fait d’une manière intelligente », en utilisant des pollinisateurs tétraploïdes et en éliminant systématiquement les montées en graines.

Journal of Applied Ecology (vol 39, p 561)
Contact : Henk.Van-Dijk@univ-lille1.fr