AUSTRALIE - Essais en champs de blé transgénique

Une demande d’autorisation d’essai en champ de blé transgénique, modifié pour tolérer la sécheresse, a été déposée par le gouvernement de Victoria auprès du gouvernement fédéral. L’avis de l’Organe de Régulation des Technologies Génétiques est attendu sous peu et devrait être positif. Les essais, prévus entre mai 2007 et mars 2008, consisteraient en la mise en culture de 30 lignées différentes de ce blé GM sur 0,225 ha. L’Etat de Victoria a décrété un moratoire sur les cultures commerciales de PGM jusqu’en 2008 mais autorise des essais sur de petites surfaces. Cette demande pour du blé GM est la septième en Australie, la troisième depuis 2001 [1]. Par ailleurs, l’entreprise française Limagrain a également initié un programme de développement d’une variété de blé transgénique, enrichie en amylose, en collaboration avec l’Entreprise australienne de Développement et de Recherche sur les Semences (GRDC). A cette fin, ces deux structures ont investi 9,6 millions d’euro sur un programme conduit par l’Organisation australienne de Recherche et de Science du Commonwealth (CSIRO). Le CSIRO modifie le blé afin que la synthèse de deux enzymes soit annihilée. Ces deux enzymes absentes, la quantité d’amylose, un des deux composants de l’amidon, augmente et la quantité de sucre libérée à la digestion de ce blé diminue. La filiale française de Limagrain, Biogemma, devrait être en charge de la future demande d’autorisation et commercialisation de ce blé GM en Europe. En juin 2006, l’entreprise BASF avait annoncé également un investissement de 17 millions d’euro dans le cadre d’un partenariat avec une autre structure australienne, le Centre de Recherche Moléculaire pour l’Amélioration des plantes. Ce partenariat concernait la mise au point de variétés de blé également résistantes à la sécheresse [2]. Aucun blé transgénique n’est commercialement autorisé dans le monde à ce jour. En 2004, aux Etats-Unis, suite à une forte pression de syndicats d’agriculteurs et de consommateurs, Monsanto avait annoncé suspendre ses recherches sur le blé de peur de perturber le marché canadien du blé avec la commercialisation de blé GM (cf. Inf’OGM n°52, ETATS-UNIS - Etude officielle sur le blé transgénique et ETATS-UNIS - Commercialisation de blé transgénique ?).