ALLEMAGNE - Premier étiquetage « sans OGM » pour de la volaille

Après le lait « ohne gentechnik » (« sans génie génétique ») (http://www.infogm.org/spip.php?arti...), de la volaille est produite en Allemagne sous la même étiquette. Gebrüder Stolle, deuxième producteur allemand de volaille (20% des parts de marché) développe ses propres circuits d’alimentation animale (en provenance du Brésil pour le soja non OGM), fournit les poussins, et s’occupe de l’abattage. Dans cette filière d’intégration, sur une production de 450 000 poulets par jour, 100 000 sont désormais étiquetés.
Depuis 2008, les allemands ont mis en place un étiquetage volontaire « sans OGM » pour les produits issus d’animaux, tels que le lait, les œufs ou la viande. De telles productions peuvent être ainsi étiquetées si les animaux ont été nourris avec des aliments non étiquetés ou non tracés OGM (moins de 0,9% dans les aliments), pendant la dernière période de la vie de l’animal (quatre mois pour les porcs, dix semaines pour les volailles à viande et six semaines pour les volaille à œufs). Mais ces conditions sont critiquées pour leur caractère trop souple par certains consommateurs ou associations écologistes. En France, un tel étiquetage est en cours de réflexion. Rappelons qu’en novembre dernier, le Haut conseil des biotechnologies a préconisé des conditions plus strictes pour cette mention (http://www.infogm.org/spip.php?arti...).
D’après Jochen Koester, consultant spécialisé sur l’approvisionnement en soja non GM, « une situation concurrentielle jusqu’ici inconnue va bientôt surgir sur les marchés européens » [1]. En effet, les principes du marché commun de l’UE offrent la possibilité aux producteurs allemands d’exporter leurs produits étiquetés sans OGM même dans les pays n’ayant pas adopté un tel étiquetage. La situation risque de se compliquer lorsque la France aura adopté ses propres règles, certainement différentes des règles allemandes... Le besoin d’harmonisation européenne des règles d’étiquetage se fera donc ressentir.