Une pétition pour arrêter la « deuxième vague » des OGM

De nombreuses associations et syndicats français ont lancé, en février 2021, une pétition, intitulée « Arrêtons la deuxième vague des OGM ». Cette pétition, qui a récolté en une dizaine de jours plus de 100 000 signatures, demande au gouvernement français de respecter les décisions de justice - européenne et française - pour encadrer les nouveaux OGM.

La pétition, lancée par plusieurs associations françaises [1], alerte l’opinion publique sur la réalité des nouveaux OGM et sur l’inaction du gouvernement pour les encadrer comme les justices européenne et française l’ont exigé.

Les organisations précisent que « s’il n’y a plus de cultures transgéniques en France grâce aux mobilisations citoyennes commencées dès la fin des années 1990, le problème des OGM et des plantes pesticides n’est, hélas, pas une affaire classée. D’autres OGM obtenus par de nouvelles techniques de modification génétique sont passés illégalement entre les mailles du filet et sont aujourd’hui cultivés dans notre pays ». Ces OGM sont des tournesols et des colzas obtenus par une certaine mutagénèse afin de tolérer des herbicides.

Un ministre porte-voix de l’industrie

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, mimant le discours des entreprises, essaie de faire croire que « ces nouveaux OGM ne se distinguent pas de ce que font la nature ou les vieilles techniques de mutagénèse, utilisées depuis soixante ans pour sélectionner la majorité des variétés considérées comme sûres ». Leur but est simple : faire que « ces nouveaux OGM ne soient ni évalués, ni étiquetés lorsqu’ils sont autorisés ».

Or, grâce à l’action des associations citoyennes, environnementales et paysannes, la Cour de Justice de l’Union européenne a rappelé, en juillet 2018, « que tous les nouveaux OGM génèrent les mêmes risques que les OGM transgéniques et doivent donc être réglementés comme tels. Depuis cette date, aucun pays européen ne peut plus prétendre que ces OGM cachés – commercialisés sans évaluation, ni autorisation, ni étiquetage – peuvent continuer à échapper à la réglementation ». Le Conseil d’État, le 7 février 2020, a demandé au gouvernement français d’appliquer cette décision. Or, depuis rien a été fait et donc, soulignent les organisations « le gouvernement français est dans l’illégalité depuis début août 2020. Et il le sait ! Il n’a rien fait pour stopper, dans notre pays, la culture et la commercialisation illégale de colza OGM rendu tolérant aux herbicides ».

Les OGM ne sont pas une solution

Les organisations considèrent que les OGM, peu importe la technique utilisée, ne permettront pas d’éradiquer la faim, d’augmenter la productivité, de faire face au changement climatique ou de sortir de la dépendance aux pesticides. Ces promesses de l’industrie n’ont jamais été tenues. Et d’ajouter : « La seule promesse largement tenue a été d’enrichir les actionnaires grâce à l’augmentation astronomique des dividendes des brevets sur le vivant ».

[1Objectif Zéro OGM, Agir pour l’Environnement, Les Amis de la Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, ASPRO-PNPP, Bio Consom’acteurs, Collectif anti-OGM 66, Collectif Les pieds dans le plat, Combat Monsanto, Comité de Soutien aux Faucheurs Volontaires 31, Comité de Soutien aux Faucheurs Volontaires 49, Comité de soutien aux faucheurs de Pithiviers, La Confédération Paysanne, Faucheurs Volontaires d’OGM, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB), Générations Futures, Greenpeace France, Intelligence Verte, Loiret sans OGM, Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique, Nature & Progrès, OGM Dangers, Réseau Semences Paysannes, Sciences Citoyennes, l’Union Nationale de l’Apiculture Française, Vigilance OG2M, Vigilance OGM et Pesticides 16, Vigilance OGM 33, Vigilance OGM 36.