n°162 - janvier / mars 2021

2021 : de nouveaux défis pour Inf’OGM

Par Annick Bossu

Publié le 22/12/2020

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Si la crise actuelle, dite sanitaire, est d’origine environnementale, elle comporte incontestablement des facteurs humains aggravants [1].

Cette crise interroge l’économie mais aussi le monde scientifique, et notamment le domaine de la génétique, à deux titres : celui de l’origine du virus et celui de l’élaboration des vaccins et médicaments. En effet, l’étude des génomes des virus et de leur histoire évolutive renseigne sur leur origine, exclusivement naturelle ou non. De plus, de nouveaux vaccins issus des techniques de manipulation génétique font leur entrée pour lutter contre les pandémies.

Nous sommes au cœur des problématiques qu’Inf’OGM s’est donné pour mission de renseigner : la manipulation génétique du vivant, des micro-organismes aux plantes et aux animaux, notamment quand elles interagissent directement sur l’Humain. Il s’agit d’appréhender ces manipulations pour elles-mêmes mais aussi pour leurs impacts sur le vivant et la société humaine. Tâche ardue voire impossible, tant le vivant est changeant, en perpétuelle interférence avec ce qui l’environne et tant nos connaissances le concernant sont partielles malgré les outils de bio-ingénierie de plus en plus sophistiqués. Faire la lumière sur les limites de nos connaissances nous semble essentiel pour analyser les nouveaux défis de ce monde comme celui des maladies émergentes et pour savoir ce qu’on veut en faire.

Écoutons Isabelle Stengers, philosophe et scientifique belge : « nos sciences sont balbutiantes face aux enchevêtrements du vivant ». Cela s’applique à la compréhension de la pandémie actuelle mais aussi à un autre domaine que nous développerons en 2021 : celui de la biologie de synthèse où les frontières de la vie seront interrogées, tout comme elles le seront pour les virus. Cet autre sujet est à la fois dans la continuité des OGM et dans une rupture achevée avec ce qu’il est commun d’appeler la nature.

Informer sur la non information, le non-dit scientifique, est important à l’heure où l’industrie agro-semencière et la Commission européenne aimeraient revoir la directive 2001/18 dans le sens d’un assouplissement de l’encadrement des OGM.

En plus des sujets suivis régulièrement par Inf’OGM, telles sont les nouvelles questions que nous aimerions aborder en 2021.

Une excellente année à tous… sans Covid !

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