Edito

Inf’OGM : professionnaliser notre « laboratoire social »

Nous consacrons le dossier de ce numéro à nos vingt ans. Cela peut paraître un peu nombriliste, ou décalé par rapport à une actualité débordante, et des débats virulents qui agitent les dossiers OGM et semences. Cependant, il nous a paru important de regarder le trajet effectué, de comprendre, analyser, disséquer.

L’équipe et le conseil d’Administration de cette petite structure ont évolué, se sont métamorphosés, professionnalisés. Une histoire pas banale.

Au-delà de la question des OGM, Inf’OGM c’est aussi une aventure humaine et sociale. Cette histoire, je l’ai vécue de A à …. je ne peux dire Z car elle continue et elle continuera tant qu’on aura besoin d’une information indépendante et critique sur les OGM, les brevets, les semences, les biotechnologies. Et je voudrais ici témoigner de cette richesse, de cette force.

Une histoire de formation. Nul n’était journaliste quand nous avons commencé. Nous avons donc au début fait de la synthèse, de la traduction… puis petit à petit, de discussions en corrections, les articles se sont étoffés, les enquêtes se sont approfondies. Du premier numéro, un quatre page, noir et blanc, composé de brèves de quelques lignes… au numéro que vous avez dans les mains, riche en couleurs, en photos, parfois en infographies, nous pouvons être fiers de ce chemin.
Mais l’apprentissage pour l’équipe va bien au-delà : il a fallu apprendre à faire un site Internet, maquetter un journal, interviewer, creuser, chercher des sources fiables, chercher le fait, l’épurer, le contextualiser… mais cela c’est encore peu. Le plus important, c’est l’humain et cette envie de créer une structure qui soit aussi un laboratoire social d’un point de vue organisationnel. Une organisation horizontale, où nous avons acté une certaine égalité des salaires, où nous avons mis en place rapidement le télé-travail (actuellement toute l’équipe est en télé-travail…), où les décisions se prennent au consensus (il nous est arrivé de voter, mais c’est anecdotique) après des débats parfois longs, parfois houleux mais toujours constructifs. Laboratoire social qui se traduit également par une absence totale de hiérarchie, entre les salariés, et entre les salariés et le CA. Le CA assume son rôle, mais ne l’impose pas.