[Communiqué] EUROPE - Nouvelle offensive pro-OGM de la Commission européenne ?

Le Commissaire européen à la santé et à la sécurité sanitaire, Vytenis Andriukaitis, a déclaré mercredi que, selon lui, « un nouveau cadre réglementaire pour les nouvelles techniques [de modification génétique] » serait à mettre en place après les élections européennes de mai 2019. Une réaction directe à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 25 juillet 2018 qui a jugé que les organismes issus des nouvelles techniques de mutagénèse devraient être réglementés comme les plantes transgéniques. Ces organismes sont des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Inf’OGM s’inquiète du recul potentiel de la transparence dans le dossier OGM suite à la dernière déclaration du Commissaire européen. Changer le cadre réglementaire permettrait à ces nouveaux OGM de ne plus être évalués et étiquetés. Ainsi, cet arrêt de la Cour européenne qui oblige les industriels à la transparence est depuis combattu par l’industrie qui espérait avec ces nouvelles techniques échapper à la réglementation européenne sur les OGM qui impose notamment évaluation des risques et étiquetage. Les lobbies exercent donc une pression au niveau européen pour modifier le cadre sur les OGM (directive 2001/18) ou proposer une réglementation pour ces nouveaux OGM, à l’instar de Dana Bolden, vice-président du département « agriculture » de DowDuPont qui affirmait il y a dix jours que ses clients « ne comprennent pas l’arrêt de la Cour de justice européenne (CJUE) jugeant que les organismes issus des nouvelles techniques de sélection des plantes tombent dans la catégorie des OGM ». La déclaration du Commissaire à la santé va donc dans leur sens.

« La décision de la Cour de justice de l’Union européenne est une victoire pour la transparence. Une transparence qui n’est pas un frein à la compétitivité des entreprises mais un gage pour les consommateurs qu’ils sachent ce qu’ils consomment et pour les agriculteurs, ce qu’ils cultivent. En refusant d’appeler ces OGM des OGM et à les réguler comme tels, ce sont les citoyens qui seront les premières victimes », s’inquiète Christophe Noisette, rédacteur en chef d’Inf’OGM.

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