OGM : les ambiguïtés de la Chine

En moins de deux mois, la Chine a autorisé deux nouvelles plantes transgéniques mises au point par des entreprises étasuniennes, renouvelé l’autorisation de quatorze autres… et renvoyé une cargaison de 350 tonnes de luzerne aux États-Unis car elle était transgénique. Explications.

Un accord commercial signé entre la Chine et les États-Unis en mai 2017 va faciliter l’ouverture du marché chinois aux plantes génétiquement modifiées (PGM) transgéniques. Mais les règles en vigueur doivent être respectées et toute exportation vers la Chine de PGM non déclarée continue d’être renvoyée.

Deux nouvelles PGM autorisées à l’importation

En juin 2017, le ministère de l’Agriculture chinois autorisait à la mise sur le marché deux nouvelles plantes transgéniques pour une période de trois ans [1] : le maïs Enlist de Dow AgroSciences (évènement transgénique DAS 40278 pour une tolérance aux herbicides à base de 2,4-D) et le soja Vistive de Monsanto (évènement transgénique MON87705 pour une tolérance aux herbicides à base de glyphosate et une composition en acides gras modifiée). Le même jour, 14 autorisations étaient renouvelées dont celle pour le maïs MIR162 de Syngenta [2].
Ces décisions d’autorisations font suite à un accord d’entente commerciale signé en mai entre les États-Unis et la Chine, qui concernait l’agriculture, la finance, l’énergie et les investissements [3]. Selon cet accord, la Chine s’engageait à rendre rapidement une décision sur huit demandes d’autorisations en cours. Six sont donc encore attendues.

350 tonnes de luzerne GM renvoyées

D’après le journal chinois Global Times [4], la Chine a renvoyé, en août 2017, 350 tonnes de luzerne importées des États-Unis au motif que la luzerne était génétiquement modifiée (GM). Et ce alors qu’elle n’avait pas été déclarée GM aux services des douanes chinoises selon ce même article du Global Times. Contactée par Inf’OGM, l’Alliance nationale étasunienne pour la luzerne et la luzerne fourragère n’a pas encore répondu à nos questions sur cette information. Mais en janvier 2017, le ministère étasunien de l’Agriculture rappelait que la luzerne « souffrait de perturbations commerciales liées aux biotechnologies » [5]...