Inde - Diminution des surfaces en coton OGM

Le ministère de l’Agriculture indienne a annoncé une baisse des surfaces cultivées de cotonniers (OGM et non OGM). De même, la proportion du coton Bt par rapport au coton non Bt a diminué entre 2015/2016 et 2016/2017 (de 91% à 83%).

Le coton transgénique a été introduit en Inde en 2002 et depuis, d’année en année, les surfaces en coton Bt ne faisaient qu’augmenter. Pourtant l’irrésistible progression semble toucher à sa fin, ou du moins marquer une pause. Selon le ministère de l’Agriculture, la surface en coton a diminué, passant de 11,6 Mha (millions d’hectares) à 10,2 Mha (- 11,5 %), et la proportion entre Bt et non Bt a aussi diminué, passant de 91% à 83%.

Coton Bt (% coton total) Coton non Bt (% coton total) Surface totale en coton
2015/2016 10,6178 0,9803 11,5898
2016/2017 8,5162 1,7930 10,2555
Différence (en %) - 19,8 % + 82,9 % - 11,5 %

Source  : ministère de l’Agriculture, Inde, 2016 (en millions d’hectares)

Les rapports de l’USDA ou les articles du Financial Express s’accordent sur les raisons de ce déclin.
Ils notent que les agriculteurs du Punjab, du Haryana et du Rajasthan se sont tournés vers des variétés natives et non transgéniques de coton (coton Desi, Gossypium arboreum [1], en espérant qu’elles seront moins vulnérables à la mouche blanche. D’après K. R. Kranthi, directeur du Central Institute for Cotton Research (CICR) - qui développe des variétés Bt - « le coton Desi a été planté sur environ 72 280 hectares dans le nord de l’Inde au cours de la saison d’été (Kharif saison). L’année dernière, la surface en coton Desi dans la région était d’à peine 3000 hectares. Et au cours des dix dernières années, ce coton n’a jamais dépassé les 5000 hectares » [2]. Le coton Desi est réputé pour être résistant tant à la mouche blanche qu’au virus Leaf curl. Le coton Desi a donc été cultivé sur 7 % de la sole de coton dans le nord du pays, mais seulement sur 2 % sur l’ensemble du pays. Le directeur ajoute : « nous nous attendons à ce que la surface en coton Desi augmente de 25 % dans les deux ou trois prochaines années ». Cependant, le coton Desi a un inconvénient : ses fibres sont plus courtes et plus grossières. Mais les semences sont aussi moins chères. Ces semences peuvent être réutilisées et coûtent dix fois moins cher que les variétés Bt [3].

D’autre part, dans ces états du Punjab et de l’Haryana, et toujours du fait de la présence massive de la mouche blanche, la surface emblavée en coton (en général) a aussi diminué au profit d’autres cultures (légumineuses, oléagineux, et maïs). Cette sole passe, selon le Financial Times, de 960 000 hectares en 2015/2016 à 700 000 hectares, soit une diminution de 35 %. L’USDA note que les agriculteurs du Punjab avaient signalé des pertes importantes au cours de la saison 2015/2016 liées à la présence d’insectes suceurs. Les agriculteurs du centre de l’état du Maharashtra (Marathwada) ont diminué aussi leurs surfaces de coton au profit du soja et du pois d’Angole (Cajanus cajan).

[1Quel est l’intérêt de la recherche sur le coton Desi (indigène) ?
"Le fait que ce coton a des caractéristiques bien spécifiques et qu’il se prête à une culture biologique est d’un intérêt évident. On peut cultiver le cotonnier arbustif indigène (Gossipium arboreum) sur des terres en friches et rendre cette culture bien moins risquée", http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7570.html