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AFRIQUE du SUD – OGM : Monsanto à nouveau condamné pour publicité « non fondée »

Christophe NOISETTE, 19 mars 2014
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Le 17 mars 2014, l’autorité sud-africaine en charge des normes publicitaires (Advertising Standards Authority, ASA) a ordonné à Monsanto de retirer « immédiatement » ses publicités diffusées sur la Radio 702. Celles-ci vantent les mérites des plantes génétiquement modifiées (PGM). Ce bureau de vérification de la publicité a considéré que les affirmations de Monsanto étaient « non fondées ».
 

L’ASA n’a pas agi de sa propre initiative. C’est le Centre africain pour la Biosécurité (African Centre for Biosafety, ACB) qui a porté plainte auprès de l’ASA, l’organisme en charge du contrôle de la légalité des publicités. L’ACB contestait les dires de l’entreprise semencière : les plantes génétiquement modifiées (PGM) « nous permettent de produire plus de nourriture, de façon durable, en utilisant moins de ressources ; d’assurer un environnement plus sain en réduisant les pesticides ; de diminuer les gaz à effet de serre et d’accroître substantiellement les rendements ».

Comme le droit le stipule, l’ASA a offert à Monsanto la possibilité de répondre aux accusations de l’ACB. Or, l’entreprise a simplement fourni des « liens Internet » vers certaines pages de son site. L’ASA n’a pas considéré ces réponses comme pertinentes : elle attendait qu’un expert «  indépendant et crédible » confirme les différentes études mentionnées par Monsanto montrant les avantages des OGM vantés à la radio. L’ASA précise en effet, dans sa décision, qu’elle n’est pas « un expert technique et n’est pas en mesure d’interpréter des données scientifiques ». C’est à l’entreprise de prouver que ces « affirmations sont valides et vraies », et pour ce faire, elle doit « présenter une confirmation sans équivoque d’un expert indépendant et crédible dans le domaine en question ». Et d’insister : « une telle vérification non équivoque doit s’appliquer exactement au produit que la publicité vante ». Or, « à part avoir fourni des liens vers son propre site Internet », l’entreprise n’a pas répondu aux exigences d’une expertise indépendante et crédible qui confirme que les études mentionnées sur ce site « sont applicables au produit du défendeur ou qu’elles en soutiennent ses revendications ».

L’ASA a aussi pris soin de souligner à Monsanto que les affirmations en question « ne peuvent plus être utilisées dans le format actuel à l’avenir tant que le défenseur n’a pas proposé des justifications adéquates conformément » au code qui régit les publicités dans ce pays. Enfin, l’ASA précise que ce n’est pas la première fois que Monsanto est condamné pour publicité infondée. En 2007 [1], l’ASA avait déjà averti cette entreprise qu’elle avait besoin d’étayer ses propos publicitaires par « un expert indépendant et crédible ».

L’ACB s’est bien évidemment félicité de cette décision.

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