EUROPE - Difficile co-existence des filières

Greenpeace a diffusé une étude confidentielle commandée par la Commission européenne en mai 2000 à l’Institut de prospective technologique du Centre de recherche de l’UE. Cette étude indique que les agriculteurs devraient faire face à des surcoûts de production élevés au cas où des cultures transgéniques commerciales devraient se faire à grande échelle en Europe, surcoût lié en partie aux mesures onéreuses et compliquées pour éviter les contaminations. L’étude estime que la culture de plantes transgéniques et conventionnelles dans une même exploitation “est un scénario irréaliste, même dans le cas d’une grande exploitation”. L’augmentation du coût est évaluée de 10 à 41% pour le colza et de 1 à 9% pour le maïs et les pommes de terre. Cette étude précise aussi que la non-contamination transgénique des semences et des cultures serait quasiment impossible dans la plupart des cas : tous les produits et toutes les semences de colza et de maïs finiraient par être contaminées. La Commission a affirmé que ce document n’était “pas encore finalisé”. Le commissaire à l’agriculture, Franz Fischler, avait mentionné cette étude dans un discours à Bruxelles, prononcé le 13 février 2002, estimant que les OGM imposaient un changement dans les pratiques et que la coexistence avec les OGM s’avérait “difficile d’un point de vue technique aussi bien qu’économique”.