UE - Porte tournante entre l’AESA et Syngenta

Inf’OGM a souvent évoqué les portes tournantes entre les instances de régulation états-uniennes et l’industrie [1] [2] [3]. Cette fois-ci, c’est l’Agence européenne de sécurité sanitaire (AESA) qui est visée. Suzy Renckens a été à la tête de l’unité OGM de l’AESA entre avril 2003 et mars 2008. Après son départ, elle a été embauchée à un poste clé de lobbyiste pour l’entreprise semencière Syngenta avec une mission claire : approcher et convaincre les autorités, notamment l’Unité OGM de l’AESA, du bienfait des OGM. 

En soi, ceci peut paraître anecdotique : cette personne peut, en effet, après avoir démissionné de l’AESA, travailler où elle le souhaite. Elle aurait d’ailleurs pu choisir Greenpeace. Cependant, à l’AESA, ce n’est pas si simple : une procédure précise que « les nouveaux postes des ex-fonctionnaires européens sont soumis à approbation jusqu’à deux ans après leur démission ». Or, sur cette embauche, l’AESA a été muette pendant plus d’un an, ne contactant l’intéressée qu’après que l’affaire soit révélée, en décembre dernier.

Il est aussi intéressant de rappeler que l’ensemble des avis rendus par l’AESA sur les plantes transgéniques furent positifs. Certes l’AESA a souvent demandé des précisions aux pétitionnaires, mais elle a, en bout de course, toujours donné son accord. En fait, d’une manière générale, il y a peu de chance que l’AESA énonce un avis négatif. En effet, l’AESA discute constamment avec les pétitionnaires, et ces derniers retirent leur dossier s’ils sentent que l’AESA a un doute. Cela leur évite une mauvaise publicité. Le retrait du dossier d’autorisation du maïs Ly038 par Monsanto illustre ce cas : apparemment, l’AESA s’apprêtait à rendre un avis négatif [4].