Plantes mutantes : davantage modifiées que les PGM ?

Les plantes mutantes sont générées par utilisation de techniques comme la mutagenèse. Le principe de base est de générer des mutants dont les néo-caractéristiques sont analysées en vue de sélectionner ceux d’intérêt agronomique ou alimentaire et de les commercialiser. Mais comme nous l’avons vu dans un précédent dossier [1]), ces plantes ne sont pas sujettes à la même évaluation que les PGM car non considérées comme telles. Pourtant, une récente étude pourrait rééquilibrer cet état de fait. Car le Pr. Batista et ses collègues de l’Institut National de Saúde au Portugal viennent de montrer que du riz modifié par mutagenèse subissait des modifications encore plus nombreuses qu’un riz modifié par transgénèse [2]. Ce surplus de modifications est retrouvé dans le transcriptome de la plante, c’est-à-dire le pool d’ARN messager issu de l’expression des gènes et servant d’intermédiaire pour la synthèse de protéines. Pour les chercheurs, cette découverte doit conduire les autorités à mettre en place une évaluation au cas par cas des risques sanitaires liés à toutes les plantes modifiées et non seulement restreint aux plantes obtenues par transgénèse.

[1cf. dossier Inf’OGM, septembre 2005, Des plantes mutantes dans nos assiettes

[2"Microarray analyses reveal that plant mutagenesis may induce more transcriptomic changes than transgene insertion", Batista R et al., Proc Natl Acad Sci U S A. 2008 Mars 4 ;105(9)