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Présidentielles et OGM : demandez le programme !

Inf’OGM a interrogé les candidat-e-s à l’élection présidentielle de 2017 pour connaître leurs positions et propositions concrètes sur les OGM et les semences.

Exercice difficile. Les questions sont parties aux QG des candidat-e-s dès le mois de janvier et, à l’heure actuelle, deux candidats – François Asselineau et François Fillon - n’ont toujours pas pris le temps de nous répondre malgré des relances nombreuses à des interlocuteurs variés au sein de leurs équipes de campagne. Pourtant des réponses précises et des propositions concrètes sont des éléments clés pour nourrir un débat démocratique, et permettre aux citoyen-ne-s de choisir en connaissance de cause.

Et c’est là notre deuxième regret : les réponses des candidat-e-s sont souvent floues, elles manquent de propositions concrètes, chiffrées, détaillées. Il est de bon ton de s’opposer aux plantes transgéniques, du fait d’une méfiance généralisée… La grande majorité des candidat-e-s envisagent de maintenir le moratoire français sur le maïs MON810, la seule plante transgénique autorisée à la culture sur le territoire européen. Seuls Nathalie Artaud et Nicolas Dupont-Aignan évoquent la possibilité de « bons OGM ». De même, la majorité des candidat-e-s ne souhaitent pas fermer la porte à la recherche sur les OGM, recherche qui sera bien entendu « contrôlée ». Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Yannick Jadot, considèrent, au contraire, que la recherche financée par les deniers publics doit être tournée vers la transition écologique. Enfin, la majorité des candidat-e-s s’accorde pour que les produits issus des nouvelles techniques de modification génétiques soient réglementés de la même manière que les OGM transgéniques. Sur les brevets et les semences paysannes, les positions sont très imprécises.

Après ce premier échange, nous aimerions continuer à dialoguer avec les candidat-e-s afin de pouvoir affiner ces positions, clarifier les propositions. Auront-ils envie de le faire ? Nous proposons sur notre site deux outils pour continuer ce dialogue : un forum modéré où nous invitons les lecteurs à poser des questions, souligner des contradictions, et un espace pour interpeller le candidat directement via Twitter. Utilisez allégrement ces outils, questionnez, la démocratie en sortira grandie.

Retrouvez, ci-dessous, l’intégralité des réponses de chaque candidat, en cliquant sur le titre de chaque interview.

OGM : ce que propose Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière
OGM : ce que propose Nicolas Dupont-Aignan, Débout la République
OGM : ce que propose François Fillon, Les Républicains
OGM : ce que propose Benoît Hamon, Parti Socialiste
OGM : ce que proposait Yannick Jadot, EELV
OGM : ce que propose Marine Le Pen, Front National
OGM : ce que propose Emmanuel Macron, En Marche
OGM : ce que propose Philippe Poutou, Nouveau Parti Anticapitaliste
OGM : ce que propose Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise
OGM : ce que propose François Asselineau, Union Populaire Républicaine
OGM : ce que propose Jacques Cheminade, Solidarité & Progrès
OGM : ce que propose Jean Lassalle

OGM : ce que propose Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière

Sans surprise, Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, condamne la société capitaliste et considère que « les plantes transgéniques peuvent être autant un bienfait qu’un malheur ». Cela serait d’autant plus vrai si la recherche sur les OGM était placé sous le contrôle de la population et non plus des entreprises semencières. Même si, comme d’autres candidats, elle prône une production d’aliments protéiques en France, et un retour à l’herbe pour les animaux d’élevage, elle est sensible aux bas prix qui permettent aux consommateurs, mais pas encore à tous, de manger de la viande... Oui au progrès (mais lequel ?), mû par l’intérêt collectif et contrôlé par la population, non au capitalisme et à la recherche du profit, non aux brevets sur le vivant... Mais attention, nous dit la candidate, au retour au local, aux semences paysannes, qui exigent plus de travail et nient le progrès des semenciers. Et laissons les travailleurs décider des sujets de recherche bons pour eux.

OGM : ce que propose François Asselineau, Union Populaire Républicaine

"Mon programme vise l’autosuffisance alimentaire, le développement des circuits courts et de la production locale, ainsi qu’une agriculture respectueuse de l’environnement". En bref, F. Asselineau endosse le programme de la plupart des candidats. Il ajoute, comme beaucoup d’autres également, l’interdiction de la culture et commercialisation des OGM. Comment ? En sortant de l’Union européenne. Les détails ci-dessous.

OGM : ce que propose Jacques Cheminade, Solidarité & Progrès

Les réponses de Jacques Cheminade, Solidarité & Progrès, seront mises en ligne après le 20 mars. Son équipe nous a en effet répondu qu’il était impossible de répondre plus tôt.

OGM : ce que propose Nicolas Dupont-Aignan, Débout la République

Nicolas Dupont Aignan propose d’interdire les « OGM tels qu’ils sont créés jusqu’ici », mais ne répond pas à la question concernant le statut des nouveaux OGM. S’il dénonce les traités transatlantiques, qui servent « les intérêts de grands groupes au détriment de nos agriculteurs », le candidat reste vague sur la problématique des importations de soja GM pour l’alimentation animale. Le candidat « ne s’oppose pas systématiquement aux avancées de la science » et estime donc que « la recherche sur les OGM, dans un cadre contrôlé interdisant toute propagation, avec des délais suffisants d’expérimentation en vase clos, n’est pas à interdire mais ne devrait sans doute pas faire l’objet de subventions publiques ». Enfin, pour « garantir l’autonomie paysanne face au verrouillage des semences qu’opèrent les grands groupes, le candidat préconise d’encourager la production agricole biologique.


OGM : ce que propose François Fillon, Les Républicains

Le candidat François Fillon, de Les Républicains, n’a pas souhaité répondre à nos questions sur les OGM et les semences. Nous avons donc extrait des différentes communications de ce candidat quelques éléments qui donnent une idée de ses positions : il entend favoriser la recherche sur les OGM. Les chercheurs, précise-t-il, ne peuvent pas travailler sur ce sujet du fait des règles éthiques qui ont été mises en place, ou de la pression de la société. Ainsi, il pense que la France et l’Europe « ont des contraintes à lever et des tabous à faire sauter  [1] ».

OGM : ce que propose Benoît Hamon, Parti Socialiste

Benoît Hamon n’autorisera pas la culture de plantes transgéniques sur le territoire français et aucun accord de libre-échange ne doit avoir pour conséquence la modification des règles de l’Union européenne sur les autorisations d’importations.
Mais le candidat socialiste a une position plus floue sur les nouveaux OGM : ils doivent être considérés comme des OGM et étiquetés en tant que tels. Pourtant, c’est pour lui une question européenne avant d’être un enjeu de campagne présidentielle. Du coup, si la Cour de Justice de l’UE décide que les nouveaux OGM ne sont pas des OGM, quelle décision prendra-t-il ?
Il réaffirme son soutien à l’agriculture biologique et souhaite réformer le fonctionnement du catalogue officiel pour y introduire les semences paysannes, sans pour autant nier l’importance des brevets dans le fonctionnement agricole.

OGM : ce que propose Jean Lassalle

Contacté tardivement par Inf’OGM, le candidat Jean Lassalle n’a pas encore eu le temps de nous répondre. Nous publierons ses réponses dès que nous les aurons reçues.

OGM : ce que propose Marine Le Pen, Front National

Fermement opposée à la culture et à la commercialisation des plantes transgéniques, Marine Le Pen a également une position claire sur les « nouveaux OGM » : ils répondent à la définition d’un organisme génétiquement modifié. Sans contester la recherche sur les plantes en milieu fermé, la candidate du Front National insiste sur le principe de précaution et souhaite garantir aux paysans le droit de choisir leurs semences.

OGM : ce que propose Emmanuel Macron, En Marche

Emmanuel Macron, du mouvement « En Marche », est pour l’interdiction des cultures d’OGM en plein champ et la possibilité, à terme, d’une interdiction des OGM pour l’alimentation animale. Il souhaite pour cela la mise en place d’une filière française de protéagineux et le développement de l’élevage à l’herbe. Il souhaite « explorer le potentiel de développement des OGM et [nouveaux OGM] en laboratoire et en confinement », tout en précisant que « la règlementation sur les OGM doit s’appliquer aux [nouveaux OGM] tant que [ceux-ci] n’ont pas fait l’objet d’une analyse spécifique ». Tout, et son contraire, sont donc encore possible !
Bien que se déclarant contre les monopoles liés au brevets sur le vivant, le nouveau président ne pipe mot sur leur éventuelle interdiction. Enfin, Emmanuel Macron prône d’aider en priorité les semenciers français. Voici les réponses qu’il nous avait fournies quand il était candidat.

OGM : ce que propose Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise

Jean-Luc Mélenchon souhaite maintenir « l’interdiction de cultures d’OGM » et appliquer ce principe aux nouveaux OGM qui « présentent les mêmes risques environnementaux, de santé publique et économiques que les OGM de première génération ». Lle candidat propose de réintégrer « dans chaque territoire, de la production fourragère, des productions végétales et des activités d’élevage » et de favoriser les systèmes herbagers dans l’élevage.
La recherche agronomique doit « bénéficier à la transition écologique de l’agriculture et impliquer la participation active des agriculteurs ». Jean-Luc Mélenchon s’oppose donc à l’expérimentation des OGM, propose un « financement public à 100 % des activités de l’Inra », et autres centres de recherches publiques afin de libérer (sic) « la recherche agronomique du poids des lobbys privés ».
Il défend « le principe de la non-brevetabilité du vivant » et souhaite favoriser le développement des semences paysanne et financera « les efforts de recherche en faveur de la sélection participative associant les paysans ».

OGM : ce que propose Philippe Poutou, Nouveau Parti Anticapitaliste

Philippe Poutou, candidat pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) s’oppose à la culture et à l’importation de tout OGM. Il veut cesser en particulier les importations de soja transgénique d’Amérique du Sud et organiser l’autosuffisance en protéines végétales car, constate-il, les cultures de soja transgénique sont désastreuses pour l’environnement et les populations. Le NPA prône une recherche publique et des axes de travail conduisant à une agriculture paysanne de qualité et une réorientation de l’enseignement agronomique. La définition et classification « OGM » doivent être appliquées à tout organisme dont un gène a été modifié quelle que soit la technique utilisée, car les risques sont de même nature. Enfin, Philippe Poutou promet d’interdire « tous les brevets sur le vivant dont le seul but est le gain financier » et de supprimer « les freins réglementaires qui empêchent aujourd’hui les agriculteurs pour un très grand nombre d’espèces de semer des semences de ferme ou de les échanger avec un voisin ».

OGM : ce que proposait Yannick Jadot, EELV

Yannick Jadot et son parti, Europe Ecologie Les Verts, a décidé de s’allier avec Benoît Hamon. Inf’OGM a décidé de publier tout de même les réponses du candidat, qui nous sont parvenues avant cette alliance. Yannick Jadot s’oppose clairement et précisément aux plantes transgéniques et aux nouveaux OGM, souhaite sortir de la dépendance au soja outre-Atlantique, dénonce les partenariats public-privé, propose de privilégier les innovations qui participent à la transition écologique, et entend tout faire pour soutenir les semences paysannes et « garantir la liberté pour les agriculteurs de ressemer leur récolte ».

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