Inf'OGM n°58 - Novembre 2004

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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Inf’OGM a été créée en 1999 pour combler un déficit : celui d’une information aux citoyens sur les OGM, complète et indépendante des lobbies et des partis. Le succès des publications de l’association auprès d’un large public francophone - citoyen ou institution - est la démonstration de l’utilité, aujourd’hui, d’une agence de veille citoyenne spécialisée. Inf’OGM est aussi en lien avec plusieurs réseaux anglophones qui irriguent d’informations les mouvements sociaux et les collectivités, en mobilisant particulièrement sur la question des zones sans OGM. Les régions et municipalités d’Europe se déclarant sans OGM se multiplient donnant l’impression que, peu à peu, la maîtrise sociale des terroirs annihile la substance des décisions de la Commission sur les nouvelles autorisations d’OGM.

Cependant, l’Union européenne à 25 est très hétérogène, et dans la plupart des nouveaux pays de l’UE, l’information sur les OGM n’a pas réussi à percer le cercle d’activistes internautes polyglottes et en réalité, le vrai débat public s’esquisse à peine. De plus, aux portes de l’Europe, la réglementation n’est pas la même et les mises en cultures et expérimentations d’OGM foisonnent. En Roumanie, par exemple, près de 100% des quelques 100 000 ha de soja sont des cultures GM, et les essais sur les maïs, pomme de terre, fruitiers, blé ne semblent soulever aucune controverse si ce n’est le cri d’alerte de quelques agriculteurs biologiques consternés. Tous les éléments d’une contamination généralisée y sont ainsi présents : une législation faible et mal appliquée, un fort lobby pro-OGM de multinationales de l’agrochimie et de la semence soutenu par la coopération états-unienne et relayé par des institutions de recherches archaïques moulées aux canons communistes du productivisme, de vastes latifundia de plusieurs milliers d’hectares recyclées en une agriculture industrielle des plus libérale côtoyant 4 millions de petites fermes d’agriculture familiale d’autosubsistance, enfin, la quasi absence de contre-pouvoirs après 50 années de déstructuration identitaire.

L’hypothèse d’une stratégie de contournement des législations de l’UE sur la biosécurité, à partir d’une incitation de mise en culture d’OGM en Roumanie et en Bulgarie, avant leur prochaine adhésion à l’Union en 2007 ne peut être écartée. L’interdépendance accrue oblige à un renforcement des solidarités et à permettre aux nouveaux pays candidats de favoriser le débat public qui leur a été jusqu’ici confisqué.

Il s’agit de construire une véritable veille européenne, en aidant à monter rapidement des systèmes d’informations indépendants en langues nationales, connectés avec les réseaux d’information d’Europe de l’Ouest. C’est certainement l’un des nouveaux chantiers sur lequel Inf’OGM devra se concentrer au cours des prochains mois.