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Edito - Animaux OGM : la suite logique de l’elevage intensif

La tendance actuelle voudrait que les élevages obéissent au triptyque : numérique, robotique, génétique. Cela au nom de l’innovation, de la rentabilité et, curieusement, au nom du « bien être animal » .
Actuellement, très peu d’animaux OGM sont commercialisés et les ventes restent très faibles. Comme chez les végétaux, les manipulations génétiques visent à accélérer la sélection de certains caractères jugés intéressants par les humains : c’est un saut quantitatif et qualitatif dans la domestication animale. (...)

Jusqu’à présent, peu d’animaux de rente génétiquement modifiés ont été autorisés à la commercialisation. Mais les nouvelles techniques de mutagenèse pourraient changer la donne. Une des modifications déjà autorisées concerne les bovins sans corne : est-ce vraiment une bonne idée ?

Plus de viande, de lait, de laine... a toujours été un des objectifs de la sélection animale. Pour la viande, deux stratégies de modification génétique sont mises en œuvre : jouer sur le taux d’hormone de croissance, ou bloquer le gène responsable de la production de myostatine, hormone qui inhibe la croissance musculaire. Des recherches loin d’améliorer le bien-être animal...

Un certain nombre d’insectes sont considérés comme nuisibles, car vecteurs de maladies ou parasites des cultures. Pour les combattre, de nombreuses pistes existent : insecticides chimiques, pièges à phéromones, stérilité induite...

L’industrialisation galopante de notre environnement depuis un siècle a provoqué la disparition de nombreuses espèces vivantes. Cette sixième extinction de masse est la première attribuée spécifiquement à l’action humaine. Face à ce constat, plusieurs approches politiques et scientifiques sont proposées, qui ne s’attaquent pas aux causes mais essayent réparer les dégâts, telle la dé-extinction.

L’agriculture de précision, nouvel avatar de l’agro-industrie, investit dans la robotique, le numérique et la génétique [1]. Cette surenchère technologique est présentée comme une solution à de nombreux échecs de l’agriculture industrielle. Dans le secteur de l’élevage, permettra-t-elle, comme cela est souvent mis en avant, d’améliorer les conditions de vie des animaux ?

Nous assistons depuis plusieurs décennies à une diminution drastique de l’autonomie des agriculteurs, devenus de simples manœuvres. Les éleveurs devront peut-être bientôt faire face à l’arrivée d’animaux OGM, ce qui renforcera assurément cette évolution.

En 2019, en France, 1 865 403 animaux ont été utilisés à des fins expérimentales [2], dont 418 242 animaux génétiquement modifiés (AGM) [3] ; parmi ces derniers, 61 357 sont porteurs d’un phénotype dommageable pour l’animal. On trouve dans ce sous-groupe essentiellement des souris, des rats et des poissons-zèbres, mais aussi 45 chiens (en particulier issus de lignées de chiens porteurs d’un gène induisant une forme de myopathie, sur lesquels des pistes de traitement sont testées). Dans l’Union européenne, en 2019, 2,66 millions d’utilisations portant sur des AGM ont été enregistrées, dont 17% avec phénotype dommageable [4].

Pour certaines industries européennes de la sélection animale, les nouvelles techniques de modification génétique peuvent contribuer à un système alimentaire durable. Mais, précisent-elles, leur utilisation doit se faire avec grande précaution, de manière à ne pas mettre en jeu la sécurité alimentaire ainsi que la santé et le bien-être animal. Une précaution doublée d’un appel à « un cadre légal sur les importations de manière à assurer la transparence des introductions d’animaux GM et de produits en Europe », une transparence déjà prévue par la réglementation OGM actuelle.

L’Argentine et le Japon ont autorisé trois poissons génétiquement modifiés en utilisant l’outil moléculaire Crispr/Cas9. Pour ces deux pays, ces OGM n’en sont pas.