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Édito - OGM, l’économie de la promesse et du fantasme

Faire ce que la Nature ne sait pas faire, ou le faire en mieux. Aller plus vite, être plus précis. Résoudre la faim dans le monde, faire face au changement climatique, vivre plus longtemps, voire ne pas mourir. Voilà, pêle-mêle, les promesses répétées par le monde industriel quand il s’agit de biotechnologie. Mais ces entreprises innovent-elles réellement ? Proposent-elles des produits différents de ceux naturels ou de ceux que les méthodes traditionnelles permettent d’obtenir ? Au-delà de ces (...)

Le débat sur les OGM transgéniques s’est déroulé sur fond de promesses véhiculées par leurs promoteurs : lutte contre la faim dans le monde, adaptation au changement climatique, amélioration de la santé des agriculteurs… Les mêmes promesses sont aujourd’hui reprises, en plus nombreuses, pour promouvoir les nouvelles techniques de modification génétique. Avec un argumentaire paradoxal, ces acteurs expliquant faire ce qui se fait déjà...

Sauver le monde des pandémies, de la faim, trouver de nouveaux traitements aux maladies héréditaires, s’adapter au changement climatique… : le séquençage du vivant est porteur de toutes les promesses. Pourtant, les conditions d’utilisation des séquences obtenues restent encore à établir. Quelles procédures d’accès ? Quelle protection des usages actuels de la biodiversité et des connaissances dites « traditionnelles » associées ? Quels partages des avantages tirés de l’exploitation de la biodiversité ?

De scandales en scandales, l’agro-industrie est décriée, critiquée. Face à cela, tout le monde parle de « résilience », « réduction des intrants », « agriculture relocalisée », « souveraineté alimentaire ». Mais derrière ces mots se cachent des définitions différentes. Pour les gouvernements, l’industrie, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et le COPA-COGECA (Comité des organisations professionnelles agricoles-Confédération générale des coopératives agricoles), il faut, pour aller plus loin encore dans la technologie, investir dans la robotique, le numérique et la génétique. 

Tout est « bio » dans l’économie actuellement. Le biocontrôle s’inscrit dans cette bioéconomie… Mais ce mot, biocontrôle, est tout d’abord un énorme fourre-tout, pratique pour noyer le débat et éviter les sujets qui fâchent.

La santé humaine est un domaine où les promesses évoluent de façon exponentielle. Pas un jour sans qu’un article n’annonce la découverte d’un remède miracle… censé donner de l’espoir. De cette myriade de projets, il ne reste dans la plupart des cas que des brevets, des malades déçus, des lois plus permissives. Comment poser un regard critique sur cette surenchère ?


Napoléon : – Giuseppe, que ferons-nous de ce soldat ? Tout ce qu’il raconte est ridicule.
Giuseppe : – Excellence, faites–en un général : tout ce qu’il dira sera tout à fait sensé.
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« Il est bien plus facile de vendre de la peur que de la science » dit-on dans le film américain « Food Evolution ». En France, la dernière loi de programmation pluriannuelle de la recherche propose de renforcer la place de la science dans la société. Mais de quelle science parle-t-on ? Quels sont les dispositifs mis en œuvre pour communiquer et par qui sont-ils élaborés ?

Le principe du brevet se fonde sur l’idée de « juste récompense » à l’innovation technique. Une dérive juridique conduit cependant des offices de brevets a étendre abusivement la notion d’invention dans le domaine du vivant. Au point de permettre à certains industriels de contrôler des domaines qui devraient pourtant rester libres de droits, et de renforcer leur position déjà monopolistique sur les techniques de modifications génétiques.

Face à l’avènement de l’ « AgriTech », qu’advient-t-il du métier de paysan ? Assistons-nous à une nouvelle « Révolution verte » ? L’addiction aux nouvelles technologies va-t-elle s’ajouter à la dépendance aux intrants chimiques ?