n°153, janvier / février 2019

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 24 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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Édito - Gilets jaunes : la transition écologique doit être financée 
par les multinationales

Quelques gilets jaunes de Carcassonne ont décidé, lundi 10 novembre, de bloquer les camions à l’entrée d’une usine de Monsanto à Trèbes (Aude), « l’emblème du capitalisme destructeur de la planète ». Les Faucheurs volontaires sont venus les soutenir. Bayer, qui a racheté Monsanto pour 59 milliards d’euros, a dénoncé la « récupération » du mouvement populaire par les Faucheurs. Des dizaines gilets jaunes se relayent depuis un mois devant le siège de Monsanto, et leur campement est un lieu joyeux de débats. (...)

Dossier. Semences : des initiatives paysannes

Les sociétés dites « modernes » sont caractérisées, entre autres, par la disparition des paysans (la population active agricole en France est passée de 36 % en 1946 à moins de 4 % en 2011). Et avec eux, de leurs savoirs-faire, notamment sur la gestion de leurs semences, qui, depuis un siècle, sont produites par des entreprises qui détiennent un droit de propriété sur ces « variétés » créées.

L’agriculture paysanne et l’agriculture biologique sont deux mouvements de rupture forte avec les orientations des politiques agricoles. Dans cet article, Joris Gaudaré, animateur en charge des questions d’agriculture biologique à la Confédération paysanne, nous explique ce qui différencie ces deux dénominations qui semblent si proches.

Nicole Pignier, professeure à l’université de Limoges, a réalisé un webdocumentaire [1] consacré aux gestes paysans pour des sociétés vivantes. Ce travail, très agréable à regarder et à écouter, est dans la continuité de son livre « Le Design et le Vivant - Cultures, agricultures et milieux paysagers » (évoqué dans Inf’OGM n°150 [2]).

On se souvient du « pavé » de Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, Gènes, pouvoirs et profits, paru en 2009 où les auteurs relataient l’influence grandissante des semenciers dans l’évolution de la recherche publique. Presque 10 après, paraît Histoire de la génétique et de l’amélioration des plantes [3] d’André Gallais, professeur d’AgroParisTech et surtout spécialiste d’amélioration des plantes. Le sujet est le même, mais le ton bien différent, puisque l’auteur défend ici le « Progrès variétal », dans la même veine que son ouvrage précédent De la domestication à la transgénèse (Quae éditions, 2013).