n°141, septembre / octobre 2016

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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Édito - État d’urgence vs. urgence d’informer

Le gouvernement français a décrété l’état d’urgence en novembre 2015 afin de lutter contre le terrorisme. Il est toujours difficile d’évaluer l’efficacité d’une telle mesure… On peut juste dire que l’état d’urgence n’a pas empêché que des actes barbares et sanguinaires se produisent sur le territoire français, et qu’il a profondément perturbé les actions militantes : assignation à résidence, interdiction de manifester, perquisition chez des personnes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme mais connues pour (...)

Dossier : Sauver la biodiversité cultivée ?

Sauvage ou cultivée, la biodiversité est en danger partout dans le monde.
Autrefois, les paysans adaptaient leurs variétés à leur terroir, grâce à la sélection et l’échange des semences et des savoir-faire.
Avec l’émergence des entreprises semencières et des lois qui les protègent, puis leur concentration [1], la biodiversité cultivée recule : certes, pour certaines espèces, on peut noter une augmentation du nombre de variétés dans le catalogue officiel des semences autorisées à la vente [2]. Mais la diversité génétique, c’est-à-dire le degré de variétés des gènes au sein d’une même espèce, est en régression. Or c’est elle qui permet une adaptation aux terroirs, mais aussi aux changements climatiques [3].
Alors, comment enrayer l’érosion de cette biodiversité, notamment cultivée ? Et sur quels textes de lois, internationaux ou nationaux, peut-on s’appuyer [4] ? En France, le parlement a enfin voté, fin juillet et après plus de deux ans de discussions, la loi sur la protection de la biodiversité, avec un bilan mitigé [5].
Si l’on ne veut pas perdre la richesse génétique de la Planète, notre conception du monde doit changer : l’humain est un des éléments de la Nature, et non son maître. Les décideurs politiques et acteurs économiques, sous la pression des citoyens, doivent en prendre conscience.

Les produits alimentaires fabriqués aux États-Unis sont à la mode en France. En témoignent la multiplication des magasins spécialisés à Paris et sur Internet. Or, ces produits ont souvent été élaborés à partir de maïs ou de soja étasuniens, donc très probablement transgéniques. Les consommateurs en sont-ils pour autant informés comme l’exige la réglementation européenne ? Inf’OGM et la CLCV Paris sont allées vérifier.

Où en est le « sans OGM » en restauration scolaire ? Tel était le thème d’une enquête réalisée par Inf’OGM durant l’été 2016.

Depuis 2012, les agriculteurs et transformateurs français peuvent valoriser leurs produits en utilisant l’étiquetage « sans OGM ». Pour autant qu’ils en respectent les conditions...

L’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies (AVICENN) a pour objectif de favoriser le débat public et la transparence des responsables politiques sur le dossier des nanotechnologies. Rencontre avec Danielle Lanquetuit, membre fondatrice de l’association et Mathilde Detcheverry, rédactrice.

L’association Avicenn (voir entretien Inf'OGM, « Des nanos en agriculture ? », Christophe NOISETTE, 23 août 2016) a publié récemment une brochure consacrée aux risques pour la santé et l’environnement des nanomatériaux.
Les nanomatériaux sont devenus omniprésents dans notre vie quotidienne. Or, leurs impacts sanitaires et environnementaux sont encore insuffisamment connus et des effets néfastes très préoccupants ont déjà été mis en évidence, notamment en laboratoire sur des cellules végétales, animales et humaines. Leur dissémination à large échelle est donc problématique. Pourtant, aucune réelle restriction n’est aujourd’hui mise en œuvre par les pouvoirs publics qui encouragent même les industriels à accélérer leur commercialisation via des financements conséquents.
Il n’y a pas de traçabilité ni d’étiquetage fiables : il est impossible d’identifier l’immense majorité des produits commercialisés contenant des nanomatériaux.

Consommateurs, pouvoirs publics, acteurs mobilisés sur les questions de santé et d’environnement, entreprises confectionnant des produits en s’approvisionnant auprès de fournisseurs extérieurs : il est urgent de s’informer et d’être vigilants !
Avicenn a distribué gratuitement plusieurs centaines d’exemplaires de cet ouvrage aux acteurs de la santé et de l’environnement.

Fabrice Nicolino, journaliste indépendant et intransigeant, revient sur un siècle d’histoire de l’agriculture. Dans cette lettre ouverte à un paysan de 90 ans, il évoque, sans mâcher ses mots, mais avec précision, l’arrivée de la mécanisation, des intrants chimiques, la mise sous dépendance progressive des paysans. Le monde agricole s’est métamorphosé au point de devenir un « vaste merdier ».

Avant de publier ce pamphlet, l’auteur anticipait une réaction d’hostilité face à sa prose : « Je n’attends plus que le goudron et les plumes. Ou la bouse et les cornes, faudra voir. Car je vais publier (...) un livre qui ne plaira guère à l’agriculture industrielle ».

Ce petit livre, facile à lire du fait d’un style vif et dynamique, présente des personnages représentatifs de l’histoire récente de l’agriculture. Notre ami Nicolino se fait ainsi un plaisir à décrire finement André Pochon, « un paysan, un vrai » dont les découvertes culturales ont été « enfouies à double tour » et rédouvertes tardivement ; Michel Debatisse, son faux jumeau qui accepta de participer au démantèlement de la paysannerie… Raymond Février, chercheur à l’Inra qui, influencé par les méthodes Outre-Atlantique, participera à l’industrialisation et l’artificialisation de l’élevage… L’avant-dernier chapitre est consacré à Xavier Beulin, un industriel, un financier à la tête à la fois de la FNSEA que Nicolino définit comme « le syndic de la liquidation de la paysannerie » ; et de Sofiprotéol, « un monstre protéiforme » avec 7,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2012, qui a investi dans les agrocarburants (le Diester, marque déposée), les OGM via Biogemma, la génétique animale via Hendrix Genetics, etc.

Sa conclusion est sans appel : on ne peut plus continuer, on ne doit pas ralentir le train mais changer de direction. « Une autre histoire était possible. Un autre monde est à construire ».