Dossier - OGM : soigner à tout prix ?

Sur le dossier des OGM, il existe un sujet pour lequel nous pourrions parler de « non-controverse » : il s’agit de la recherche médicale. En son nom, micro-organismes, plantes et animaux sont génétiquement modifiés, en milieu confiné ou même en plein champ, des thérapies géniques ou des modifications d’embryons humains sont expérimentés, et ces recherches sont rarement questionnées.

La santé semble être un a priori qui justifie toutes actions et toutes formes de recherche. Dès lors, critiquer les OGM destinés à la santé, les opposants le savent bien, est une pente glissante sur laquelle il vaut mieux ne pas s’aventurer sous peine d’être mis au pilori.
La destruction en 2005 d’une parcelle d’essai de maïs produisant un médicament contre un des symptômes de la mucoviscidose a déclenché les foudres de l’association française contre les myopathies (AFM) et des présentateurs du 20h. Les prix Nobel n’ont-ils pas affirmé que le refus du riz doré, un riz enrichi par transgenèse en provitamine A par Greenpeace, était un Crime contre l’Humanité ?
Ces innovations techniques doivent pourtant être questionnées. Car si certaines modifications génétiques peuvent soulager quelques personnes à très court terme, il n’est pas impossible qu’elles s’avèrent aussi, par ailleurs, des menaces irréversibles pour l’Humanité. Ce dossier apporte des éléments pour cette réflexion.

Les OGM constituent des outils de recherche fondamentale pour étudier divers processus biologiques. Mais les technologies OGM sont aussi beaucoup utilisées à des fins médicales, qu’il s’agisse là encore de recherche ou d’applications pharmaceutiques. État des lieux.

La moléculture (ou « culture de molécules ») est l’utilisation de plantes ou d’animaux génétiquement modifiés [1] pour qu’ils produisent des molécules, notamment à but thérapeutiques. Une solution d’avenir ? Pas si sûr...

Beaucoup imaginaient que l’homme disposerait du génome le plus complexe parmi les bêtes et les plantes. Pourtant, avec environ 17 milliards de paires de bases, le génome du blé est cinq fois plus grand que celui de l’homme, et la complexité du fonctionnement des acides nucléiques, qui ne se résume pas à la taille du génome, est partagée chez tous les êtres vivants. C’est dire que les généticiens qui interviennent dans le génome de notre espèce n’échappent pas aux déconvenues des fabricants d’OGM, familières aux lecteurs d’Inf’OGM.

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) est en charge de l’évaluation de l’ensemble des biotechnologies en France. Ainsi, il traite aussi bien des plantes transgéniques que des essais de thérapie génique. Difficile au HCB d’être expert sur tous ces sujets. Mais alors, qui décide vraiment ?

Tout être vivant est situé dans un contexte évolutif, mais les « créateurs » d’OGM (anciens et nouveaux) le nient. Résultat : ils nous entraînent vers un « point de rupture » de nos écosystèmes. C’est ce qu’explique ici Frédéric Jacquemart, médecin, ancien président d’Inf’OGM, et ancien membre du Haut Conseil des biotechnologies.

Voir ses forces augmenter, vaincre des maladies, faire la découverte de ce qui rend la vie éternelle ; mais aussi, être réduit à son génotype, payer plus cher son assurance car il aura été scientifiquement prouvé qu’on a plus de probabilité qu’un autre d’être malade… : entre rêves de toute puissance et angoisse de contrôle sociétal, la génétique s’invite dans nos imaginaires à travers le cinéma.