Dossier : OGM : promesses environnementales non tenues

Ce dossier montre les impacts environnementaux avérés des plantes transgéniques. Ce qui n’empêche pas les entreprises de continuer à promettre que leurs nouvelles innovations régleront les problèmes posés par les précédentes : la transgenèse au secours de la chimie, le dicamba au secours du glyphosate…

En 2017, Monsanto a mis sur le marché des sojas et des maïs génétiquement modifiés pour « tolérer » les herbicides à base de dicamba, afin de lutter contre les adventices devenues résistantes au glyphosate. Mais en juillet 2016, le ministère étasunien à l’Environnement (EPA) était alerté par un nombre élevé de cultures endommagées probablement dues à une mauvaise utilisation d’herbicides à base de dicamba.
L’Arkansas, le Missouri et d’autres états souhaitent eux interdire cet herbicide, au grand dam de Monsanto qui porte plainte contre ces décisions.
Pendant ce temps, l’Union européenne a autorisé (pour l’importation) deux PGM et étudie les demandes d’autorisation de trois autres, toutes cinq étant modifiées pour tolérer… le dicamba.
Pour pallier l’échec de ses variétés Roundup Ready, Monsanto propose également de nouvelles variétés qui permettent de pulvériser encore plus de Roundup, à l’instar des sojas Intacta. La fuite en avant technologique permet aux entreprises de maintenir des dividendes attractifs. Sans avoir à rendre des comptes sur leurs promesses passées...

Vingt-deux ans ! Voilà vingt-deux ans que les plantes génétiquement modifiées par transgenèse sont arrivées dans l’Union européenne. Largement importées, ces plantes ne sont plus cultivées actuellement qu’en Espagne et au Portugal. La question de leurs impacts environnementaux continue de faire débat alors que de nombreux risques sont pourtant avérés et reconnus.

En 1996, l’arrivée des plantes génétiquement modifiées pour tolérer des herbicides était souvent accompagnée d’une promesse : elles allaient permettre de diminuer la quantité d’herbicides utilisés dans les champs agricoles. Vingt années plus tard, le glyphosate est devenu hégémonique, les quantités appliquées ont drastiquement augmenté et… des adventices sont devenues résistantes !

Faire produire par les plantes leur propre insecticide ? Voilà l’objectif suivi depuis les années 90 pour près de 30 % des plantes transgéniques. Mais, comme certains l’avaient prévu, la Nature s’est évidement a-daptée et les insectes ciblés ont développé des résistances. Certains insectes non ciblés ont par ailleurs été atteints. D’autres stratégies se développent, pour potentiellement le même résultat...

Rapports après rapports, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) épinglent Monsanto : ils concluent que sa surveillance environnementale est trop lacunaire pour détecter des effets non attendus de son maïs génétiquement modifié MON810, le seul qui soit cultivé dans l’Union européenne. Ce qui n’empêche pas l’AESA de continuer à affirmer l’innocuité de ce maïs. Explications.

L’absence de fécondations croisées entre les champs de plantes génétiquement modifiées (PGM) et les autres cultures (conventionnelles ou biologiques) n’est pas possible, facilement et à moindre frais. Les cas qui confirment cette impossible coexistence sont nombreux.

Les promoteurs des plantes transgéniques tentent toujours de verdir leur innovation. Comment ? En communiquant sur les avantages supposés comme, depuis quelques années, l’économie de gaz à effet de serre (GES) (dont le CO2) que les plantes transgéniques permettraient de réaliser. Qu’en est-il exactement ?

À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la sélection variétale industrielle et la généralisation des engrais et des pesticides de synthèse ont permis d’augmenter rapidement les rendements par hectare, notamment en Occident et en Asie. Mais engrais et pesticides ont hypothéqué la qualité de l’environnement. L’arrivée des plantes transgéniques, dans les années 90, n’a été qu’une fausse solution...