Santé & Environnement

Dissémination de gènes : John Heritage, de l’Université de Leed, a travaillé sur le maïs transgénique porteur du gène bla, qui confère une résistance aux antibiotiques. Il déclare n’avoir pas réussi à faire migrer ce gène vers des bactéries, malgré différents protocles expérimentaux. Ses recherches consistaient à nourrir des poules et à analyser les bacteries commensales. Cependant, le chercheur demeure prudent : il pourrait y avoir des circonstances, reconnaît-il, où le transfert est quand même possible. Il poursuit actuellement ses expériences avec des moutons.
— - New Scientist, www.newscientist.com:80/news/news_223136.html

Clonage : La société de recherche en biotechnologies, PPL Therapeutics, à qui l’on doit déjà la brebis Dolly (en lien avec le Roslin Institute d’Edimbourg), a annoncé avoir mis au monde le premier clone de cochon. Cinq petites femelles, Millie, Christa, Alexis, Carrel et Dotcom, clonées à partir de cellules adultes, ont vu le jour le 5 mars. "Ceci ouvre la voie à des cochons modifiés dont les organes et les cellules pourront être greffés avec succès sur des humains, seule solution à court terme pour pallier la pénurie mondiale d’organes", déclare PPL. Les spécialistes estiment qu’à lui seul le marché d’organes pourrait rapporter 6 milliards de dollars et, à la Bourse de Londres, la valeur de l’action PPL a bondi de 56%. Un des freins majeurs au développement des xénogreffes tient au risque de contamination des malades par des virus d’origine animale. Un risque au nom duquel le Conseil de l’Europe avait demandé un moratoire sur les xénogreffes, le Comité national français d’éthique jugeant pour sa part prématurées de telles expérimentations thérapeutiques.
— - Communiqué de presse, 14 mars 2000

Le dernier rapport issu du projet BRIGHT (Botanical and Rotational Implications of Genetically Modified Herbicide Tolerance) affirme que des flux de gènes entre des colza résistants à divers herbicides ont été observés lors de tests en champs au Royaume Uni.
— - Dr Jeremy Sweet, National Institute of Agricultural Botany, jeremy.sweet chez niab.com, fax : +44 (0)1223 277602

Des entomologistes de l’université Cornell à New York ont identifié et cloné un gène essentiel à la reproduction du cafard allemand (Blattella germanica), le CYP6L1. "Nous ne savons pas encore de quelle protéine ce gène déclenche la production", a souligné le responsable du laboratoire, le Pr Jeffrey Scott. "En effet, nous sommes pratiquement sûrs que cette protéine est indispensable à la reproduction et si nous pouvons supprimer le mécanisme permettant au CYP6L1 de tenir son rôle, cela rendrait la reproduction de ces animaux difficile", a-t-il souligné.
— - Communiqué de l’Université de Cornell, 28 mars

L’IRD - Institut de Recherche pour le Developpement - et l’IRRI viennent de publier une étude sur les ravageurs du riz dont l’une des conclusions est que les expériences de fabrication de riz transgéniques qui résistent à des maladies ou à des insectes sont souvent très mal ciblées, voire inutiles. “Des laboratoires américains ont élaboré du riz transgénique incorporant le gène Bt de résistance à un insecte ravageur, une très mauvaise cible”, a déclaré M. Savary, chercheur à l’IRD. L’IRD souligne l’efficacité des gènes de résistance naturels, issus de la sélection des variétés de riz.

Un riz, ayant un taux de sucre plus important et une productivité supérieure à la normale de 35%, obtenu par l’insertion d’un gène de maïs qui accroît le taux de photosynthèse, est actuellement testé en champs en Chine, en Corée et au Chili. Le professeur Maurice Ku a annoncé cette nouvelle lignée lors d’un colloque aux Philippines. Ce riz est développé conjointement par l’Université de l’Etat de Washington et des centres de recherches agricoles au Japon. Pete Riley, des Amis de la Terre, met en garde contre une diffusion de ce riz dans l’environnement à cause des croisements possibles avec les variétés sauvages. Il note aussi que "nous avons besoin d’estimer [...] les avantages nutritionnels et les risques potentiels, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas un système assez robuste pour le faire. Des expériences ont montré qu’en changeant les méthodes agronomiques et en utilisant de meilleures techniques, on peut accroître les rendements bien au-delà de 35%".
— - New Scientist, 31 mars 2000

Génome : Monsanto vient de réaliser, avec l’aide de l’Université de Washington à Seattle, non pas le sequençage comme ils l’ont annoncé, mais “l’avant-projet de cartographie du génome du riz”, plante complexe et première céréale jamais décodée. La cartographie ne consiste qu’à baliser l’ensemble de l’ADN pour s’y repérer plus facilement alors que le sequençage vise à obtenir la formule génétique complète. Malgré tout, ceci devrait considérablement accélérer le décryptage génétique de toutes les autres graminées (blé, maïs, sorgho). Le groupe américain a ainsi pris de vitesse la vingtaine d’instituts de recherche de dix pays qui, depuis 1997, participent au Programme international de séquençage du génome du riz (ISRGP). Monsanto a décidé de mettre ses données à la disposition des instituts membres de ce Programme. En revanche, les instituts non membres devront partager d’éventuelles recettes commerciales en priorité avec Monsanto.
— - AFP, 4 avril 2000

La Chine va cultiver du riz transgénique d’ici deux ans. Gurdev Khush, directeur de la division agriculture transgénique et biochimique de l’IRRI, a précisé que des cultures expérimentales de riz transgénique menées en 1999 en Chine s’étaient avérées "très utiles". Cette variété de riz contient un gène résistant à des maladies, permettant ainsi d’augmenter la production. Selon des études scientifiques, 30 à 40% des récoltes de riz sont touchées par des maladies.
- Belcast.be, 31 mars 2000