Santé & Environnement

Sous l’égide des Nations-Unies, une convention internationale prohibant la pratique du clonage humain à des fins de reproduction pourrait bientôt être mise en place. Une première audition "d’experts" s’est déroulée entre le 26 février et le 1er mars 2002. A la demande de la France et de l’Allemagne, la Commission chargée de ce dossier devrait élaborer un mandat, qui, approuvé par l’Assemblée générale, permettrait d’initier la rédaction d’une telle convention. Mais ce projet ne fait pas l’unanimité : en effet, les chercheurs britanniques viennent de recevoir l’aval du gouvernement pour procéder aux premiers clonages d’embryons humains et constituer ainsi la première banque mondiale de cellules d’embryons. De même, les autorités canadiennes viennent de se doter d’une réglementation qui autorise les travaux sur les cellules souches naturellement présentes dans des embryons humains.

Confirmant les dangers et les difficultés du clonage, deux études (japonaise et américaine) ont montré le taux considérable d’échecs liés au clonage : anomalies du cœur, des poumons, du système immunitaire, obésité, morts fréquentes avant ou juste après la naissance... Par exemple, les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis) ont dévoilé l’échec du clonage à partir de cellules souches adultes. Eprouvant la même réticence, le scientifique britannique Ian Wilmut de l’institut Roslin d’Edimbourg, père de la brebis clonée Dolly (1996), vient de déclarer lors d’une série de conférences à l’Université de Caroline du Nord qu’il ne voit "aucune raison" d’approuver le clonage humain. Il estime aussi qu’une personne clonée ne disposerait alors plus de "son libre arbitre".

Les expériences réalisées par des chercheurs de l’Université de l’école de médecine de Cincinnati sur des souris clonées montrent qu’elles ont tendance à devenir obèses à l’âge adulte : un pourcentage élevé de gras et un niveau plus important d’insuline et de leptine, une hormone qui serait à l’origine de la perte d’appétit, y sont observés. Cependant les progénitures qui sont issues de ces souris clonées ne semblent pas présenter de tels dommages.

Les chercheurs de la Faculté de Médecine Vétérinaire de la Texas A&M University ont cloné le premier chat (surnommé "Cc" pour Carbon copy). Ils ont pour cela transplanté 82 embryons dans sept chattes porteuses. Plus de 3,5 millions de dollars ont été investis par John Sperling (81 ans), fondateur de l’Université privée de Phoenix, afin de développer le clonage d’animaux domestiques. Les scientifiques rappellent que le clone ne ressemble jamais physiquement à sa mère nucléaire.

Le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique) présentait lors du salon international de l’agriculture, un exposé sur le thème : “le riz qui nourrit le monde”. Le CIRAD explique ainsi que “la moitié de l’humanité dépend de son bol de riz” et que “sa production devra augmenter de 30% au cours des vingt prochaines années”. Selon le CIRAD, l’enjeu est considérable en terme de recherche agronomique : il s’agit de trouver de nouvelles variétés de riz permettant non seulement d’accroître la productivité du riz mais également de réduire les quantités d’eau et de produits chimiques consommés. Bernard Bachelier, directeur général, souligne que “ce centre de recherche ne travaille que très modestement sur les transformations génétiques. Les grandes voies d’amélioration du riz passent actuellement par la production de semis pour éviter le labourage des sols et par les croisements de variétés (...) Nous considérons qu’il n’y a pas aujourd’hui de résultat permettant la vulgarisation ni la commercialisation des OGM : nous sommes dans un processus de recherche à long terme”. La recherche sur les OGM représente 2% des activités du CIRAD.

La société Genesystems a développé les biopuces à ADN afin de généraliser leur utilisation dans l’industrie agroalimentaire grâce à des appareils automates, dont la sortie devrait être prévue pour l’automne 2002. La présence d’OGM dans les matières premières pourra être détectée en moins de 24 heures (au lieu de plusieurs jours). Ces automates seront commercialisés dès l’automne 2002 ; les clients visés sont l’industrie agroalimentaire et la grande distribution.

Selon National Academies’ National Research Council (Conseil National de la Recherche des Académies nationales), le département de l’agriculture américain devrait reconsidérer attentivement les conséquences potentielles sur l’environnement que peuvent engendrer les plantes génétiquement modifiées avant de les autoriser sur le marché. L’Académie des Sciences des Etats-Unis a remis un rapport au gouvernement évaluant le processus d’homologation des OGM par le Service d’inspection sanitaire des plantes et animaux (Aphis). Le comité rapporteur explique que les citoyens devraient pouvoir participer à cette procédure de révision ; il conclut également que les pré- et post-évaluations devraient être établies avant toute mise sur le marché. Le comité parle ainsi de “contrôle superficiel”, accusant l’USDA de conserver un grand nombre d’informations confidentielles dans le but de protéger les firmes de biotechnologie. En conclusion, ce rapport préconise de mettre en place des procédures plus rigoureuses et plus transparentes.

CropTech, entreprise de biotechnologie située dans l’Etat de Virginie, étudie actuellement l’insertion d’un gène humain modifié dans une espèce de tabac Xanthi originaire d’Asie. Par le biais de la sécrétion d’une protéine appelée MIS (Mullerian Inibiting Substance), ce gène permet d’empêcher le développement de cancers des ovaires, du sein et de la prostate. Des chercheurs de Planet Biotechnology avaient déjà eu recours au tabac pour produire le CaroRX, un anticorps agissant contre le Streptococcus mutant à l’origine des caries dentaires. Selon ces chercheurs, cette nouvelle analyse permet ainsi, "de donner une image plus citoyenne à l’industrie du tabac”.

Le 18 février 2002, deux chercheurs, Michael Vayda (Département de biochimie, microbiologie et biologie moléculaire, univ. du Maine) et John Jemison (Cooperative Extension), lors de la présentation des conclusions d’une étude menée pendant deux ans, ont affirmé que les cultures biologiques pouvaient être contaminées par des semences transgéniques dans le cas de pollinisation croisée. Ils suggèrent aux agriculteurs bio de tenir leur champs éloignés de plants transgéniques mais également de refuser tout approvisionnement provenant de semenciers connus pour être laxistes sur la question de la transparence et des OGM.