Recherche et environnement

Les agriculteurs n’arrivent plus à éliminer du colza génétiquement modifié qui pousse dans des champs de blé, par exemple. Ces colzas se sont croisés entre eux et ont acquis la tolérance à plusieurs herbicides, devenant ainsi des mauvaises herbes hyper résistantes. "L’industrie biotechnologique a été naïve de croire que simplement par des bonnes méthodes agraires on pouvait éviter l’apparition de super mauvaise herbe. Pour l’instant, ce problème ne donne pas d’avantage au colza dans un milieu sauvage, mais avec les OGM de deuxième génération, tolérant au gel ou à la sécheresse, ils auront un avantage sur les variétés cousines", a déclaré Brian Ellis, biologiste moléculaire à l’Université de Colombie Britannique.

Une compagnie américaine de chemin de fer, qui essaye de systématiser le dépistage génétique, est actuellement poursuivie par la Commission des chances égales au travail. Cette compagnie oblige ses employés victimes de maladie du travail à subir un dépistage génétique de délétions sur le chromosome 17, présumées augmenter le risque du syndrome du canal carpien, une affection chronique de la main. En cas de refus de la part des ouvriers, ils se voient parfois menacés de licenciement. Cette affaire est la première aux États-Unis, apparemment décidés à adopter une direction différente de celle choisie par l’Angleterre où les résultats des tests génétiques peuvent être utilisés par les compagnies d’assurances.

Une étude anglaise, débutée en 1990 sous la direction de Michael Crawley de l’Imperial College britannique, a permis de déterminer que les plantes génétiquement modifiées n’ont pas d’avantages écologiques par rapport aux mêmes variétés conventionnelles. En compétition avec les plantes sauvages locales, le colza, le maïs et les betteraves transgéniques ne sont pas plus robustes ou dominants que les variétés conventionnelles. Après quatre ans déjà, les plants de colza, de maïs et de raves étaient envahis par les mauvaises herbes, que les variétés soient transgéniques ou non. Après dix ans, seul un pied de pomme de terre avait résisté avec succès contre les mauvaises herbes, et il s’agit d’un pied de pomme de terre conventionnelle (cf. brève ci-dessus).

Contrairement à ce que Monsanto affirme, son coton transgénique est moins résistant à la sécheresse et aux attaques des insectes que les variétés locales. C’est ce qui a été remarqué dans une expérimentation en champs de 500 hectares répartie dans 9 districts de Sulawesi. Suite à une visite organisée par Monsanto pour des journalistes, l’organisation de protection de l’environnement, Konphalindo, a demandé au Ministère de l’Agriculture des informations, notamment le dossier d’appréciation des risques préalables à l’autorisation d’une expérimentation en champ. Après six mois de relance et de non réponse, Konphalindo a écrit au journal Kompas qui a alors enquêté sur cette question. Et ils ont alors découvert que le coton de Monsanto ne présentait pas d’avantages par rapport aux variétés locales.

Martin F.Yanofsky (Université de San Diego), en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Mexico, a réussi à transformer des feuilles d’Arabidopsis en pétales. Mais M. F. Yanofsky précise que “les croisements à eux seuls ont pris environ une année. Ceci juste pour obtenir une plante où s’expriment les cinq gènes simultanément”.

Des entomologues de l’Université de Californie ont modifié génétiquement un insecte parasite du cotonnier en y insérant un gène de méduse afin d’étudier son comportement. Ceci est la première étape d’une expérimentation génétique destinée à éradiquer ce parasite du cotonnier. Ils ont prévu d’en lâcher 3600 sous une cage dans un champ de coton en Arizona. Les insectes ont aussi été stérilisés. Si tout se passe normalement, ils inséreront ensuite un nouveau gène afin de rendre ces insectes mortel pour ses "cousins" sauvages. Les Agences de régulation n’ont pas encore donné leur accord pour cette expérimentation.

Une étude relate l’expérience de thérapie génique sur la maladie de Parkinson. Une équipe dirigée par le Dr Curt Freed (Université du Colorado), a recruté 40 patients souffrant de cette maladie [1]. Ces sujets ont été répartis en deux groupes, le premier bénéficiant de la thérapie cellulaire, le second subissant une fausse intervention neurochirurgicale. Un an après l’intervention, aucune différence significative entre les deux groupes n’a été retrouvée au dépouillement des réponses d’un questionnaire sur l’évolution de leur maladie.

Les équipes de Celera Genomics et du Human Genome Project clament d’une seule voix qu’il n’existe qu’environ 30 000 gènes au sein du génome humain. Actuellement, les chercheurs admettent que la complexité observée chez les espèces vivantes est due à des mécanismes qui, en combinant l’action des gènes, synthétisent des protéines différentes. Pour les expliquer, l’hypothèse couramment admise, la "duplication segmentaire", suppose que chaque gène est divisé en segments qui se recombinent pour former des protéines différentes.
Responsable de la recherche génomique au Whitehead Institute, Eric Lander estime que face aux progrès de cette discipline il faut acquérir de l’humilité.

Dans le New England Journal of Medecine [2], un article estime que la place accordée par les politiques au financement des recherches sur le génome est déplacée et que d’autres méthodes seraient plus efficaces que cette ruée vers le génome avec l’argument thérapeutique avancé par les chercheurs... Cet article affirme que "les différences dans les structures sociales, dans le style de vie et dans l’environnement comptent pour une part largement plus importante dans les maladies que les différences génétiques".