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Inf'OGM Recherche & environnement

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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ETATS-UNIS - La mise sous silence des gènes

Les équipes de chercheurs dirigées par Gordon Carmichael (Université du Connecticut) et Philip Sharp (Massachussets Institute of Technology) ont réussi à "désactiver" des gènes. Annoncée le 10 août dans The Indépendent, cette découverte offrirait de nouvelles perspectives en matière de thérapie génique en utilisant cette nouvelle méthode de l’interférence de l’ARN", c’est-à-dire la neutralisation de certains gènes, notamment pathogènes. Cette découverte montre en effet l’existence de "minuscules fragments d’informations génétiques, présents dans les cellules sous la forme d’ARN - la molécule qui traduit l’ADN en protéines - capables d’"interférer" dans la lecture de l’information biologique contenue dans l’ADN".

ETATS-UNIS - Avantage économique des OGM ?

Dans un rapport, intitulé "les plantes biotechnologiques : conséquences actuelles et futures pour l’amélioration de la gestion des nuisibles dans l’agriculture états-unienne" et publié en juin 2002, le Centre national des politiques agricoles et alimentaires tente d’extrapoler les résultats de 40 études de cas dans 47 Etats (cas issus de publications scientifiques, d’interviews de chercheurs, de données gouvernementales et universitaires et portant sur 27 semences transgéniques). Il conclut à l’avantage potentiel des outils biotechnologiques en agriculture pour réduire l’utilisation des pesticides et augmenter les rendements. Plus de détails sur le protocole et les résultats chiffrés de cette étude sur le web. Le NCFAB est subventionné par différentes agences fédérales américaines, la Fondation Rockfeller et des compagnies agrochimiques.

AUSTRALIE - Distance de dissémination du pollen du colza transgénique

Une étude, publiée dans le magazine Science du 28 juin 2002, montre que la pollinisation du colza transgénique est effective sur de longues distances. Les auteurs ont en effet constaté que le transport du pollen peut se réaliser jusqu’à 3 km de leur site d’origine bien que cette contamination s’effectue dans de très faibles proportions : "la part des graines montrant une résistance à l’herbicide à cette distance n’était que de 0,002 %".

JAPON / ETATS-UNIS - Nouvel ADN pour les êtres vivants ?

L’équipe du chercheur Ichiro Hirao a ajouté "deux nouvelles bases artificielles" (S et Y) aux quatre nucléotides actuels constituantes de l’ADN (A,C,G et T). Les nucléotides de l’ADN sont associés par paire et leur agencement correspond à des acides aminés, qui, assemblés, constituent les protéines. En ajoutant deux nouveaux nucléotides, les scientifiques espèrent ainsi pouvoir obtenir artificiellement de nouvelles protéines. Des expériences ont déjà été réalisées par Peter Schultz de l’Institut de recherche Scripps (Californie) : une vingtaine de nucléotides artificiels ont été introduits avec succès dans des bactéries E. coli. Actuellement, on ne sait pas encore si des êtres vivants recevant cette modification d’ADN sont capables de survivre à long terme. En tout état de cause, ces expériences ouvrent la voie à la création de nouvelles espèces vivantes, voire à une rédéfinition du vivant.

GRANDE-BRETAGNE - Polémique autour des souris mutantes

Afin de comprendre le fonctionnement du génome humain, les scientifiques ont modifié génétiquement un très grand nombre de souris. Ils ont ainsi créé des centaines de milliers de nouvelles races de rongeurs "mutants", qui, si elles s’échappaient, pourraient engendrer, selon les termes du Dr. Adriano Aguzzi de l’Université de Zurich un véritable "cauchemar". Une des alternatives, proposée par le Centre national allemand de recherche biotechnologique, est d’étudier les systèmes immunitaires à partir de tests in vitro ne nécessitant pas l’animal en entier.

FRANCE - 8 essais autorisés

Le nouveau ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et celui de l’Agriculture ont autorisé, le 4 juillet 2002, la mise en culture de 8 nouveaux essais d’OGM. Les essais sont menés dans le cadre d’un programme de recherche privée (intitulé "programme opérationnel d’évaluation des cultures issues des biotechnologies"). Ce projet est réalisé à l’initiative d’un comité scientifique dont le directeur, Daniel Bloc, est également directeur de Maiz’Europ (regroupement de producteurs de maïs et entreprises de semences, coopératives et fabricants). Deux communes (Blagnac, Haute-Garonne et Artonne, Puy-de-Dôme) accueillent 4 essais de la firme Biogemma, tous pluriannuels et concernant du maïs transgénique : l’un a été modifié pour en accroître la digestibilité, les trois autres afin de produire des maïs stériles dans le but de réduire le coût de production. Les 4 autres essais - à savoir deux maïs créés par Pioneer Genetique résistants l’un aux coléoptères, l’autre aux lépidoprères et tous deux tolérants au glufosinate ; un maïs tolérant au glyphosate et un soja tolérant à l’isoxaflutole et au glyphosate, tous deux créés par Aventis CropScience - n’ont pas été implantés à ce jour. Le maire de Blagnac, Bernard Keller, qui n’a "rien contre les expérimentations OGM" a protesté contre la non communication du ministère ; le conseil municipal a adopté à l’unanimité le 12 juillet 2002 une motion de protestation dénonçant "le fait accompli". Pour Noël Mamère, député Vert de Gironde, le gouvernement Raffarin, par cette autorisation, vient d’illustrer "sa dépendance vis-à-vis des grands lobbies de l’agrobusiness". Enfin, arguant du "libre choix du consommateur", l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologique, "souhaite que le gouvernement revienne sur cette décision intempestive et au moins respecte les conditions mises par les quatre sages aux expérimentations en plein champ".