Inf'OGM Recherche & Environnement

Dans un rapport [1] publié en septembre 2005, Greenpeace dénonce les lacunes d’analyses scientifiques lors de la procédure d’autorisation de mise en culture du maïs Bt11 de Syngenta, autorisée le 20 mai 2005 : le dossier ne contenait quasiment aucune étude originale d’évaluation des risques, ni aucune étude d’effets à moyen et long termes sur les espèces européennes comme les papillons, ou encore d’impacts sur la micro-faune/flore du sol. La confidentialité empêche de connaître certaines informations comme la nature du transgène présent, son positionnement, le nombre de ses copies et si des séquences étrangères sont présentes.

Les analyses des échantillons de sang, lait, urine... de vaches nourries avec du maïs Bt à la ferme des Trinottières [2] [3] sont toujours en attente. Suite au refus du gouvernement, en 2004, de financer ces analyses, le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL) avait décidé de financer cette étude. Contacté par Inf’OGM, le CNIEL nous a indiqué que les échantillons ont été envoyés à deux laboratoires différents pour analyse. Un seul laboratoire a livré ses résultats, l’autre laboratoire ayant effectué une erreur humaine de manipulation conduisant à une contamination des échantillons, les rendant donc impropres à l’analyse. Des analyses statistiques sont en cours afin d’établir si les résultats d’un seul laboratoire sont suffisants et si oui, dans quelle mesure ces résultats sont généralisables.

Un rapport [4] rédigé par l’INRA et le Cemagref, sur demande des Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement “dresse un état des lieux des connaissances sur lesquelles pourraient se fonder des actions visant à réduire le niveau actuel d’utilisation des pesticides et leurs impacts environnementaux”. Les auteurs effectuent une critique de la stratégie inhérente aux PGM, expliquant que, pour les PGM résistant aux insectes : “Certains auteurs s’interrogent sur l’intérêt de cette stratégie consistant à "mimer" le mode d’action des pesticides, c’est-à-dire à privilégier un mode d’action unique et fort pour détruire un bio-agresseur, et posent la question de l’adaptation des organismes visés et donc de la durabilité de la méthode”. Pour les PGM tolérant des herbicides : “il subsiste toutefois des interrogations sur l’impact global de cette technique : - s’il y a accroissement des surfaces traitées avec le glyphosate, cela laisse présager une augmentation des teneurs en glyphosate dans les eaux ; la gestion des repousses des plantes GM et de leur dispersion hors de la parcelle nécessiteront le recours à des herbicides supplémentaires ; - l’emploi massif du glyphosate va favoriser l’apparition d’adventices résistantes. Les données états-uniennes mettent en évidence des disparités entre régions, mais avec, en moyenne, une non-réduction, voire une légère augmentation des quantités d’herbicides utilisées. Le bilan des effets de l’utilisation de ces variétés GM est compliqué par diverses modifications des itinéraires techniques : l’emploi des variétés qui facilitent le désherbage chimique post-levée s’accompagne de l’abandon du désherbage mécanique et du développement du non-labour, qui peut accroître certains risques phytosanitaires et donc la consommation totale de pesticides”.

Une étude effectuée par le Pr. Malatesta [5] de l’Institut d’Histologie et d’Analyse de l’Université d’Urbino, conclut que des effets sanitaires dus à la consommation de soja GM sur des souris sont réversibles. Une première phase avait montré que des modifications avaient lieu dans des hépatocytes (cellules du foie), des cellules du pancréas ainsi que des cellules des testicules des souris mâles. Dans la présente étude, les chercheurs montrent qu’un retour à une alimentation à base de soja non transgénique pendant un mois permet de voir disparaître les modifications observées.

Suite au résultat de la votation validant un moratoire de cinq ans sur la culture des PGM en Suisse (cf. p1), le Conseil fédéral a décidé de financer un programme de recherche intitulé “utilité et risques de la dissémination de plantes génétiquement modifiées”, à hauteur de huit millions d’euro [6]. Afin de fournir des arguments pour des prises de décisions adaptées, ce programme, géré par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), soutiendra, dans la période de cinq ans fixée par le moratoire, des projets de recherche interdisciplinaires portant sur des questionnements d’importance nationale.

Selon le Delta Democrat Times [7], une tornade a détruit deux serres de cultures appartenant à Delta Pine and Land (DPL) et endommagé d’autres serres. DPL conduit actuellement des essais sous serre de plantes transgéniques dites Terminator. Interrogée par Inf’OGM, DPL a précisé que les serres endommagées ne contenaient pas de tels plants.

Un accord concernant la cartographie du génome du soja a été établi le 3 octobre 2005 entre un institut public - le Département de Recherche Agricole (ARS) du Ministère états-unien de l’Agriculture - et deux entreprises privées : Monsanto financera le projet à hauteur de 6 millions d’euro jusqu’en 2006 et Genaissance Pharmaceuticals réalisera le travail de séquençage en utilisant les marqueurs que l’ARS aura identifiés [8]. Les entreprises se sont engagées à publier les informations obtenues dans des journaux scientifiques et à les mettre à disposition à travers les bases de données Soybase de l’USDA, et dbSNP du Centre National pour l’Information sur les Biotechnologies.

Une étude [9] du Pr. Moores de l’Institut de Recherche Rothamsted au Royaume-Uni, démontre, en Australie, l’acquisition de résistance à la protéine Bt produite par un coton transgénique, par un ver des racines Helicoverpa armigera, cible de cet insecticide. Près de 70% de la population de ver des racines au contact de ce coton transgénique, cultivé depuis 1996, est devenue résistante. Cette étude est la première publiée sur l’acquisition de résistance à la protéine Bt, par des insectes, suite à leur exposition à des plantes GM.

Suite aux résultats publiés sur le changement de structure d’une protéine transgénique (cf. Inf’OGM n°69), le gouvernement d’Australie de l’Ouest financera une étude indépendante de toxicologie des cultures transgéniques alimentaires [10].

Malgré l’existence d’un hybride de maïs “Opaque2” riche en lysine, acide aminé composant les protéines, Monsanto a modifié génétiquement un maïs afin d’en augmenter son taux en lysine [11]. La sélection des plants de ce maïs LY308 s’est faite par l’utilisation d’une construction intermédiaire permettant aux cellules de résister à la néomycine. Deux générations d’hybrides plus tard, les plants de maïs ne contiennent plus cette résistance, ayant perdu la construction intermédiaire. Mais cette dernière est connue pour avoir des impacts sur la plante l’exprimant : inhibition de croissance et dommages sur l’ADN. Or aucune étude ne semble avoir été faite sur l’intégrité du génome des plantes finales. Une demande d’autorisation pour commercialisation est en cours aux Etats-Unis sans que des analyses d’allergénicité et de toxicologie n’aient été conduites. Cette variété de maïs n’est autorisée ni à la culture, ni à l’importation, dans l’Union européenne.

Une équipe de l’Académie des sciences du Jardin botanique du sud de la Chine a développé une variété de riz GM résistant aux herbicides à base de glufosinate. Cette PGM contient un gène “bar” capable de coder une enzyme qui n’est pas réactive aux herbicides. Après une première phase de tests effectués en laboratoire en 2003 et sous serre en 2004, le Ministère chinois de l’agriculture vient de délivrer l’agrément pour effectuer les tests en champs.