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Inf'OGM Recherche & Environnement

Inf'OGM le journal est un bimestriel de 32 pages qui vous informe sur l'actualité des OGM et des semences de façon critique et contextualisée.

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EUROPE - Un maïs illégal sans risque ?

Pour l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA), il “ne paraît pas probable que la contamination par inadvertance par du maïs Bt10 pose un problème de santé aux animaux et consommateurs”. Le maïs de Syngenta a été importé (près de 1000 tonnes), suite à une “erreur” de l’entreprise, en Europe depuis 2001, mais également au Japon. L’EFSA a toutefois précisé qu’elle ne pouvait pas conclure formellement à l’absence de risque du maïs Bt10, Syngenta n’ayant pas fourni suffisamment de données scientifiques car elle ne souhaitait pas commercialiser ce maïs. L’EFSA a confirmé que les études fournies par Syngenta avec sa demande d’autorisation du Bt11 concernaient bien l’évènement Bt11 et pas Bt10. En effet, l’origine de la contamination pouvant être une erreur de Syngenta dans les ensemencements des champs, l’EFSA se demandait si les lots de maïs Bt11 ayant servi aux analyses de toxicité n’étaient pas contaminés par du Bt10. L’entreprise semble avoir simplement rassurer oralement les experts européens puisque, dans son communiqué confirmant l’autorisation du Bt11 malgré cette affaire, l’EFSA ne fait état d’aucune donnée supplémentaire. En même temps, une demande d’approbation du maïs Bt10 de la part de Syngenta serait en cours aux Etats-Unis (Cf. Inf’OGM n°66, page 1).

GRANDE-BRETAGNE - Expertise sous influence ?

Dans un nouveau rapport, qui compile plusieurs études effectuées sur les flux de gènes suite à des appels d’offre publiés en 2000, le Conseil pour les Biotechnologies et la Recherche en Sciences Biologiques (BBSRC), organisme public, estime que les PGM peuvent être cultivées au Royaume-Uni, à 100 mètres des champs de plantes conventionnelles [1]. Le BBSRC appelle également à des efforts pour convaincre le public du bienfait de cette technologie. Or, sur les dix instituts de recherche ayant été mandatés pour conduire ces études, on trouve le John Innes Center (JIC) - qui collabore avec Syngenta et Zeneca et qui compte dans ses financeurs Dupont - et l’Institut de Recherches sur les Cultures Arables (IRCA, renommé Rothamsted Research) qui compte parmi ses partenaires Aventis, DuPont et Syngenta. Ces deux instituts, JIC et IRCA, ont effectué six des quinze études composant le rapport. Jusqu’en 2002, le directeur du BBSRC était Peter Doyle, administrateur depuis 2000 et directeur non exécutif jusqu’en 2006 chez Syngenta et ancien salarié de Zeneca [2].

Mexique - Pas de contamination ?

Une étude à paraître dans le journal de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), effectuée par le Pr. Ortiz Garcia (Institut National d’Ecologie mexicaine) et du Pr. Snow (Université d’Ohio), affirme qu’il n’y a pas de contamination par du maïs transgénique au Mexique [3], suite à l’analyse de 870 plantes, prélevées dans 18 localités de cette région, en 2003 et 2004. Et cela cinq ans après la publication de l’étude des Pr. Quist et Chapela qui avaient détecté la présence de transgènes dans des variétés locales de maïs dans la région d’Oaxaca (Cf. dossier Inf’OGM n°43, Contamination du maïs mexicain : la controverse scientifique). Les communautés d’agriculteurs concernées ont expliqué, par la voix de leur représentant, M. Mendoza, que les prélèvements ont été effectuées majoritairement dans des zones forestières, à faible culture de maïs. De plus, “les communautés locales ont elles-mêmes essayé de décontaminer les champs en éliminant progressivement les semences suspectes, et si cela s’avérait un succès, ce ne sera pas grâce à l’aide des entreprises et du gouvernement”. Outre les problèmes d’erreurs statistiques, S. Ribeiro (ETC Group) dénonce l’absence d’explication par les auteurs de cette soi-disante disparition de la contamination. Enfin, l’éditeur de cette étude est B. Schaal, salarié de Monsanto [4]. Le Pr. Chapela devrait répondre également à cette étude, réponse que nous publierons dans le prochain bulletin.

ETATS-UNIS - Risque d’adaptation accru

Les plantes transgéniques dites insecticides contiennent généralement un gène codant la protéine Bt. L’apparition de résistance des insectes à cette protéine est un risque documenté. Pour l’éviter, la stratégie “d’empilement” consiste à faire exprimer par la plante plusieurs protéines Bt. Mais une étude de l’Institut Cornell montre que la culture de plantes GM contenant un seul gène Bt annule l’efficacité des plantes en possédant plusieurs. Autre stratégie pour ralentir la résistance au Bt : les “zones refuges”, d’ailleurs obligatoires. Pourtant, selon le Pr. J.Z. Zhao, “les zones refuges constituent une bonne stratégie, mais cela n’est pas applicable par les petits agriculteurs en Inde et en Chine [...] du fait des petites surfaces de culture”.

AUSTRALIE - Des blés tolérants au sel

Au moins 10% des sols de la ceinture de blé de l’Australie Occidentale sont salinisés. Or, des chercheurs ont découvert que l’orge marine (Hordeum marinum), cousine sauvage éloignée du blé, tolère une salinité proche de la concentration de l’eau de mer et possède une grande tolérance aux sols à forte rétention d’eau [5]. Elle est donc utilisée comme bio-indicateur de salinité. Des chercheurs du Centre Coopératif de Recherche de Gestion Végétale de la Salinité du Dryland ont identifié les gènes responsables de la tolérance à la salinité de l’orge marine, et ont déterminé les facultés de croisement de cette plante avec le blé. L’hybride (non GM) a un grain plus petit que celui du blé et une qualité moindre, mais une amélioration du grain dans les prochaines générations est possible. Ce projet est financé par le Grains Research and Development Corporation (GRDC).


Parallèlement, l’Office de Régulation des Technologies Génétiques a autorisé des essais de deux blés transgéniques tolérant une forte salinité. Ce blé, créé par Grain Biotech Australia, est cultivé sur 0,45 hectare. Deux transgènes ont été insérés dans ce blé : le gène marqueur cah issu d’un champignon du sol et exprimant une tolérance à l’herbicide cyanamide et le gène OAT (d’Arabidopsis thaliana). Ce gène permet à la plante de surexprimer trois fois plus l’enzyme ornithine aminotransférase, impliquée dans la chaîne métabolique d’un acide aminé, la proline, lequel diminue la perte d’eau par les cellules végétales lorsque la plante est exposée à une forte salinité [6].

ETATS-UNIS - Un maïs fermé aux autres ?

L’entreprise américaine Hoegemeyer Hybrids a déposé un brevet sur une variété de maïs non transgénique, appellée Puramaize, qui ne se croise qu’avec elle-même. Autrement dit, elle n’accepte que son propre pollen. Hoegemeyer a élaboré cette variété en croisant de nombreuses variétés exotiques de maïs, utilisées depuis des centaines voire des milliers d’années. Cette variété suscite beaucoup d’intérêt au Minnesota, où en 2004, 63% du marché du maïs (deux milliards de dollars) était transgénique. Suite à des essais en champs de cette variété de maïs “pourpre”, la contamination par du maïs transgénique était éliminée ou atteignait un taux répondant aux exigences de classification comme non transgénique. Comme les contaminations génétiques sont également d’ordre mécanique (roues de tracteur, outil ou ensileurs mal nettoyés...), Hoegemeyer Hybrids a publié une procédure pour s’assurer une pureté des semences, faisant appel à une grande vigilance pour les récoltes, stockage et transport.

GRANDE-BRETAGNE - Faible contamination prouvée

Le 18 juillet 2005, un an après la publication des études en plein champ de plantes transgéniques1, menées à la demande du Ministère de l’Environnement, un dernier rapport mentionne qu’un transgène présent dans un colza génétiquement modifié pour tolérer des herbicides à base de glufosinate d’ammonium a été transmis à une plante voisine et persiste dans le champ. En effet, sur 95459 jeunes plants prélevés au sein des espèces cousines environnantes présents sur l’essai, deux ont montré une tolérance au glufosinate d’ammonium. L’année suivante, le même type d’analyse sur une petite parcelle a conduit à la découverte d’un jeune plant de moutarde des champs (Sinapsis arvensis) tolérant au gufosinate d’ammonium. Des analyses sur le génome de ce plant ont montré qu’il possédait la construction transgénique qui avait été insérée dans le colza testé. Enfin, les scientifiques ont confirmé l’observation de repousses sauvages de plants de colza transgéniques durant deux années après la fin des essais. Leur travail d’observation n’a pas excédé deux ans.