Recherche & Environnement

La Commission européenne a lancé un programme sur la CO-EXistence et la TRAçabilité des filières OGM et non-OGM (COEXTRA) et l’a doté d’un budget de 13,5 millions d’euro sur une période de quatre ans. Les axes de travail sont la co-existence entre cultures et filières OGM et non OGM (conventionnelle ou biologique) en développant des outils et méthodes de gestion des cultures et des récoltes des champs jusqu’aux produits finaux ; la traçabilité des OGM et produits dérivés avec la proposition de méthodes d’échantillonnage et des outils de détection d’OGM ; l’élaboration de nouvelles techniques pour détecter les OGM non encore autorisés ; et l’information des opérateurs en proposant une structuration de l’information et une gestion du flux d’information pour assurer une traçabilité documentaire permettant d’aboutir à un étiquetage fiable des produits. L’objectif est de préserver le choix des acteurs à chaque étape de toutes les filières. Le consortium d’acteurs regroupe différents laboratoires de recherche. Plusieurs entreprises, impliquées dans la détection des OGM seront parties prenantes, tout comme les consommateurs qui seront impliqués dans le projet dès les premières étapes à travers des espaces de dialogue, des forums, des enquêtes qualitatives. Les résultats de Co-Extra seront disponibles pour le public sur le site web et diffusés grâce à un bulletin électronique. La France est mobilisée via l’INRA, coordinatrice du projet (huit unités de recherche et plus d’une vingtaine de scientifiques impliqués). L’INRA recevra 1,4 million d’euro de subvention communautaire et abondera ce programme avec 1,3 million d’euro.

Une découverte faite par des chercheurs de l’Université de Purdue sur l’Arabidopsis remet en cause les lois de l’hérédité décrites par Mendel. Ces derniers ont observé que des plantes ayant hérité d’un gène défectueux provenant des deux parents possédaient quand même des gènes intacts - comme si elles avaient activé des copies des gènes intacts hérités de leurs grands-parents. Cette découverte implique que certains organismes possédaient une copie cachée de leur génome qui rompt avec les mécanismes connus de l’hérédité. Autre surprise, ce génome caché semble n’être pas constitué d’ADN, le matériel standard de l’hérédité, mais d’ARN. D. Haig, biologiste à l’Université de Harvard, a décrit cette découverte comme “un résultat très étrange et inattendu”.

Les premiers essais en champ kenyans ont démarré après l’ensemencement d’un champ avec du maïs Bt. Ce programme de recherche de l’Institut Kenyan de Recherche en Agriculture (KARI) est soutenu par la fondation Syngenta ainsi que la fondation Rockfeller. Ce programme fait lui-même parti d’un plus vaste programme appelé “Maïs Résistant aux Insectes pour l’Afrique” (Insect Resistant Maize for Africa - IRMA) mené conjointement par KARI et le CIMMYT (International Maize and Wheat Improvment Center). Un des objectifs est de valider des valeurs agronomiques de cette variété avant de la croiser avec des lignées de maïs kenyans. Dans le cadre du même programme, une serre de biosécurité, d’un coût de 11,5 millions de dollars, financée par l’État et la Fondation Syngenta, a été construite en février. Cette serre est sécurisée au niveau biologique : des vitres anti-infraction, des portes scellées de caoutchouc et des ouvertures munies d’un fin grillage sont là pour empêcher le pollen de s’échapper.

Chargée d’évaluer les effets indésirables sur la santé et l’environnement suite à la mise sur le marché du maïs Bt11 (“pour la culture, l’importation, la transformation et l’utilisation comme tout autre maïs à l’exclusion de l’usage comme denrée alimentaire”), l’Agence Européenne pour la Sécurité des Aliments (EFSA) a répondu par une série d’affirmations : le maïs Bt11 n’est pas une plante capable de colonisation, il ne se maintient que très peu en dehors des cultures, et n’est pas sexuellement compatible avec d’autres espèces sauvages en Europe. Quant à la probabilité d’effets indésirables sur des organismes non-cibles, elle serait très faible. Les effets sur la biodiversité, du fait de la présence du gène modifié et de l’utilisation du glufosinate d’ammonium sont équivalents à ceux produits par un autre herbicide. Cependant, le panel a identifié un risque particulier : le développement d’une possible résistance des organismes-cibles à la toxine Bt en cas de culture à grande échelle ou d’exposition à long terme. Par ailleurs, selon les informations données par le demandeur, il n’y avait aucune preuve de la présence de mais Bt10 dans le maïs Bt11 utilisé pour les études de biosécurité. En conclusion, le Panel considère que l’information disponible répond aux questions soulevées par les Etats Membres.

B. Dickson, chercheur à l’institut de biotechnologie moléculaire de l’Académie autrichienne des sciences, a modifié génétiquement des mouches mâles afin d’exprimer la version du gène Fru, telle que présente dans le génome des mouches femelles. Ce gène est responsable de la fabrication de la protéine Fru, impliquée dans le fonctionnement neuronal. Les chercheurs ont alors observé une modification comportementale consistant en une tendance accrue à courtiser d’autres mâles ou à ne pas se livrer aux rites habituels visant à courtiser les mouches femelles. Des femelles ayant la version mâle de ce même gène agissent à leur tour comme des mâles. Pour ce chercheur, “la différence clé entre les comportements sexuels des mouches femelles et mâles réside dans le fonctionnement de leurs circuits nerveux et non dans la manière dont ils étaient construits”.

Les rats nourris avec du maïs transgénique Mon863 de Monsanto ont développé des anomalies dans leurs organes internes (reins plus petits) et des changements dans leur composition sanguine. Selon un rapport confidentiel de 1139 pages de Monsanto, ces problèmes de santé ne sont pas présents chez les rats nourris avec du non-OGM. L’entreprise considère ces anomalies comme sans signification, dues au hasard et reflétant des variations normales existant chez les rats.